Musique

David Eugene Edwards (16 Horsepower, Wovenhand) le 29 avril à la Maroquinerie

14 mars 2011 | PAR Mikaël Faujour

Tête pensante de 16 Horsepower puis Wovenhand, David Eugene Edwards est une figure majeure de la scène nord-américaine depuis les années 90. Sur des compositions métissant le rock aux traditions nord-américaines (country et folk avec 16 Horsepower, idem + sonorités indigènes avec Wovenhand), sa voix intense, unique, déroule des récits baignés de références bibliques. Ce très précieux chanteur, que les astiqueurs de poncifs ne pourraient se retenir de qualifier de « habité », sera de passage à la Maroquinerie… en solo, le 29 avril. Rejoice !

Au début des années 90, David Eugene Edwards fonde 16 Horsepower à Los Angeles avec deux Français (ils iront plus tard s’installer à Denver) : le percussionniste/batteur Jean-Yves Tola et le bassiste Pascal Humbert (qui ne participe pas au 1er album…), formant un trio qui restera le noyau – malgré les passages plus ou moins longs d’autres musiciens. En 1996, paraît chez A&M un premier album, Sackcloth’n’Ashes (1996), qui révèle un groupe aux compositions country rock revêches, emmenées par ce chant d’une rare force, viscéral, de D.E. Edwards, à l’image du titre-phare « Black Soul Choir ».

L’année suivante, paraît Low Estate, produit par John Parish, marqué par la participation de Noir Désir, pour une reprise de haute tenue du « The Partisan » de Leonard Cohen (pour la seule version européenne). Album exceptionnel, qui confirme l’excellence du groupe, qui étoffe sa musique, ajoutant à la base guitare/banjo/basse/violoncelle/violon/batterie, bandoléon ou concertina (l’entêtant « Low Estate »), orgue électrique, xylophone… Sur l’album suivant, Secret South, 16 Horsepower poursuit une discographie impeccable, avec à la clé notamment ce qui est peut-être la plus belle interprétation du traditionnel « Wayfaring Stranger » (égalée seulement par celle de l’immense Tim Buckley). Le live Hoarse en 2001 (avec notamment des relectures de titres de Joy Division, du Gun Club et de Creedence Clearwater Revival) puis Folklore, en 2002, parachèveront une trop courte discographie, complétée par la compilation Olden (2003) et le Live March 2001 (2008).

Avec Wovenhand, qu’il forme dès 2001, David Eugene Edwards poursuit son exploration musicale, brassant musiques des Appalaches, musique amérindienne et rock. Un premier album paraît en 2002, qui sera suivi de rien moins que 6 autres albums, le dernier paraissant en 2010.

De climats troubles en éclats de grâce fragile, D.E. Edwards, avec 16 Horsepower puis Wovenhand, trace droit sa route avec cette assurance altière qui caractérise les grands, indifférent aux modes. Avec une discographie de haut vol, il n’a de cesse de troubler, de cette lumière obscure qui gicle de toutes parts, dans son chant, dans ses paroles, dans ses compositions, les frontières musicales, brassant les traditions et le rock moderne sans guère de compromission. Sa venue est à Paris est un événement musical d’importance. Le temps démontrera que ce singer-songwriter a l’envergure des très grands.

Infos pratiques

23ème Rencontres cinémas d’Amérique Latine de Toulouse du 18 au 27 mars 2011
Annulation de l’Année du Mexique
Mikaël Faujour

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