Musique

Daphné rend hommage à la femme-piano dans « 13 chansons pour Barbara »

Daphné rend hommage à la femme-piano dans « 13 chansons pour Barbara »

26 septembre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Déjà 15 ans que la longue dame brune a disparu. De nombreux évènements célèbrent la petite cantate éternelle de Barbara. Parmi eux, le spectacle imaginé par la talentueuse Daphné passe par le Café de la danse le 17 décembre et fait l’objet d’un album qui est une véritable pépite. Aux côtés de Daphné : Benjamin Biolay, Dominique A et l’incontournable Jean-Louis Aubert qui avait composé notamment « Vivant poème » pour Barbara. « Treize Chansons de Barbara » vont bouleverser tous les amateurs de chanson française.

Drôle d’idée de caster la fée Daphné à la voix délicate et haute perchée (voir notre article sur son dernier opus, Bleu Venise) pour reprendre le répertoire grave et parfois presque guttural de Barbara. Et pourtant, avec des arrangements mutins et aériens où la harpe et les violons viennent revigorer une partition de piano et une ligne de chant parfaitement « conservatrices » qui rendent hommage avec précision à la grande dame de la chanson. Parmi les 13 chansons choisies, les « tubes » de Barbara qui figurent pratiquement tous (sauf « ce matin là » et « la longue dame brune ») sur l’album sommet de l’art de la regrettée chanteuse : « Femme-piano » (Mercury, 1997). Dommage qu’aucun texte écrit par Brel à Barbara ne figure dans ce florilège « Il nous faut regarder » est par exemple bouleversant et aurait fait un très beau duo. Côté duo, l’orthodoxie est également à l’ordre du jour et c’est tant mieux. Aubert est là, 15 ans après, à nouveau dans un « Göttingen » qui n’a pas pris une ride. Biolay parle plus qu’il ne chante mais dans le désespéré et fier « Dis quand reviendras-tu? » cela serre la gorge. Et Dominique A relaie avec talent Georges Moustaki en mettant toute sa sensibilité et sa douceur dans le duo de la « Longue dame brune ».

Dans les solos comme les duos, Daphné est formidable parce qu’elle ne cherche pas à mimer l’émotion brute que Barbara accrochait dans ses textes et qu’elle accompagnait d’une petite mélodie souvent ironique. Déclarant être tombée un peu par hasard sur ce projet de reprendre Barbara, Daphné n’a pas porté en elle ces chansons; elle y plonge donc sa voix avec légèreté et candeur. ce qui n’empêche bien sûr pas l’émotion mais assure un premier degré rafraichissant qui laisse tout l’espace à l’œuvre originale de délivrer son message. « Je vais me faire passeuse des chansons certainement les plus bouleversantes qui m’aient été données de chanter », déclare la jeune-femme avec autant de bienveillance que de simplicité. pari réussi et même plus: porté quelques octaves plus hauts et roulant sur un pont de cordes féeriques, l’art de Barbara trouve un profond écho.

Daphné, « Treize chansons » pour Barbara », Naïve. Sortie le 29 octobre 2012.

EN CONCERT:
20/11 Nantes – salle Paul Fort
25/11 Bruxelles
27/11 Deauville – théâtre Casino Barrière
14/12 Lillebonne (76) – salle Juliobona
17/12 Paris – Café de la Danse

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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