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Thinking Things de Georges Asperghis ouvre le Festival Manifeste au Centre Pompidou

Thinking Things de Georges Asperghis ouvre le Festival Manifeste au Centre Pompidou

07 juin 2018 | PAR Yaël Hirsch

Troisième volume d’une trilogie scénique du compositeur grec avec l’Ircam,Thinking Things réfléchit par des polyphonies et des vidéos le devenir machine de l’humain.

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Salle comble et chaleur moite maximale dans la grande salle du Centre Pompidou. Ce mercredi 6 juin, après Machinations et Luna Park, Georges Asperghis propose une troisième collaboration avec l’Ircam, notamment avec la réalisation informatique de Olivier Pasquet. Tout commence dans une nuit étoilée qui rafraîchit et apaise. Un grand dispositif qui ressemble à une bibliothèque d’écrans s’impose au centre de la scène. Les chanteurs-acteurs sont masqués derrière ce grand meuble de projections. Certains en noir, d’autres en robe rouge sang. Ils malaxent des robots, mettent leurs jambes de chair en parallèle avec les circuits froids d’un transhumanisme que le vidéaste et programmateur de robots Pierre Nouvel pense à la Nam June Paik avec un rétro eighties assez déroutant.

De même, les voix des chanteurs (Richard Dubelski, Donatienne Michel-Dansac, Lionel Peintre et Johanne Saunier) geignent des polyphonies magnifiques qui planent en symétrie avec l’obscurité et la musique. une essence de musique électronique grinçante telle qu’on l’attend pour célébrer le tuning et la fin du l’humain. « Upgrade you ear » nous ordonne-t-on tandis qu’une petite tête blanche de prophète décapité se promène en robot au sommet de la bibliothèque qui s’illumine parfois de couleurs unies à la Mondrian. Le bio pouvoir faut pas mal de sur place dans cette pièce un peu rétro et dépassée. Reste la pureté des voix qui surnagent en fait facilement au dessus du bourdonnement des machines et la joliesse de lucarnes fixes dans la nuit. Mais demande-t-on à une pièce de l’Ircam sur l’intelligence artificielle et l’avenir du genre humain d’être « jolie »?

En deuxième partie de soirée d’ouverture à l’Eglise St-Merry, le public de Manifeste pouvait entendre une autre création (française) de Georges Asperghis: Obstinate.

Visuel: YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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