Classique
Schubert en toute intimité Au théâtre des Champs Elysées Avec Andréas Staier et Alexander Melnikov

Schubert en toute intimité Au théâtre des Champs Elysées Avec Andréas Staier et Alexander Melnikov

02 mars 2020 | PAR Jean-Marie Chamouard

Andréas Staier et Alexander Melnikov interprètent le répertoire de Franz Schubert pour piano à quatre mains, le dimanche 1er Mars 2020 en matinée au Théâtre des Champs Elysées.

L’œuvre, si imposante, de Franz Schubert (1797-1828) fait une place exceptionnelle au piano à quatre mains. Ce répertoire, riche de 32 œuvres, n’est pas le plus connu de Franz Schubert. Il était destiné souvent à des auditions privées « les Schubertiades ». Cette musique a été jouée surtout dans un cadre intime, plus rarement en concert public. Andréas Staier est allemand (né à Göttingen le 13 09 1955). Pianiste et claveciniste, il aime interpréter le répertoire baroque et classique sur des instruments anciens. Alexander Melnikov est né à Moscou le 1er 02 1970. Formé au conservatoire Tchaikovsky de Moscou, il a aussi été l’élève de Sviatovslav Richter. Les deux pianistes jouent ensemble depuis plusieurs années.

Le concert débute par la Grande Marche n°3 musique « très viennoise », joyeuse, animée. La légèreté alterne avec des moments rythmés pouvant évoquer une fanfare. Les Ländler sont des danses villageoises : quatre courts morceaux, la musique est entrainante puis plus douce et mélancolique. Le jeu des deux pianistes apparait subtil, sensible. L’andantino est suivi de quatre variations. Le thème initial est lent mélodieux, délicat puis la musique devient plus rapide, légère, très fluide évoquant Mozart .Elle est mise en valeur par la virtuosité et la finesse du jeu des deux solistes. Le Rondo est une œuvre tardive écrite en 1828, l’année de la mort de Schubert. Il devait faire partie d’une sonate et il est marqué par l’influence de Beethoven. Ce rondo est tout en douceur, le thème principal est un lied sans paroles. La sérénité de la musique invite l’auditeur à une douce rêverie. Dans les Variations sur un thème original (français) Schubert développe une grande inventivité. L’œuvre est très contrastée alliant virtuosité et mélodie. Les deux pianistes interprètent cette œuvre avec justesse, reconstituant une ambiance viennoise et exprimant un romantisme sincère. La fantaisie D 940 a été composée en 1828 et dédiée à l’élève de Schubert Karoline Esterhazy dont il était peut être amoureux. Cette œuvre célèbre a une forme sonate mais est jouée d’un seul tenant. Le thème initial est mélancolique. Sa beauté, sa pureté sont celles des plus belles mélodies de Schubert. Puis la musique se fait plus rapide plus fougueuse. A la fin, les moments de rupture permettent le retour du thème initial qui est alors joué comme dans un murmure .Le temps parait suspendu …

Andréas Staier et Alexander Melnikov nous ont fait découvrir la musique pour piano à quatre mains de Schubert. Ce concert a accueilli un public de tous âges avec familles et enfants pour un moment d’intimité musicale.

visuel : couverture d’album (c) Harmonia Mundi

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Jean-Marie Chamouard

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