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Requiem XIX : Babel et le repos des morts cohabitent dans l’Oeuvre de Laurent Couson

Requiem XIX : Babel et le repos des morts cohabitent dans l’Oeuvre de Laurent Couson

28 juin 2021 | PAR Yaël Hirsch

Repoussée de six mois, la création du Requiem XIX  de Laurent Couson avec Melody Louledjian, Clément Rataud, les chœurs Pro Home et Al Fin Voce ainsi que l’ensemble Magnifica a finalement eu lieu samedi 25 et dimanche 26 juin. Une ode à la fraternité des monothéismes qui a résonné fort avec l’illustre public venu entendre cette musique de solennité et de paix à Saint-Médard. 

Pour lire notre interview de Laurent Couson, c’est ici. 

Pour voir le replay, c’est sur Recithall et sinon pour réserver en live, c’est à la synagogue de Copernic le 30 septembre 2021.

Partenaire de l’évènement, Toute La Culture a pu le voir pour sa 2e, ce dimanche 26 juin à 15h dans une Eglise Saint-Médard pleine et vibrante. La veille, c’est avec beaucoup d’émotion que des représentants des trois monothéismes – dont Marek Halter, Hassen Chalghoumi, Philippe Haddad, Chems Eddine Hafiz, Albert Gambart et Thierry Vernet- étaient présents. 

Fauré en ouverture

Le dimanche, l’ambiance est à la fois joyeuse et recueillie. Laurent Couson raconte les conditions de l’écriture de ce Requiem composé pendant le confinement. Le texte est très travaillé. Il commence avec le texte de Babel – en Français- avant de reprendre certains passages clés d’un requiem classique en latin et de les mélanger avec le Cantique des Cantiques et un Kaddish en hébreu, ainsi qu’un texte de résurrection de Mohammed Ennaji et « Ya Rabbou » en arabe. L’œcuménisme est donc au programme de ce Requiem qui fait la part belle à la soprano avec une partition intense et difficile.  Les chœurs commencent avec le pianiste Clément Rataud et un Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré, qui livre peut-être le secret de l’héritage dans lequel Laurent Couson s’inscrit. 

C’est donc le compositeur et chef d’orchestre qui s’empare de la baguette pour diriger les deux chœurs, le pianiste et l’orchestre de percussions et cuivres dans son œuvre. 

Solennité et brio

Le piano commence avec la voix extraordinaire de Melody Louledjian, comme pour une mélodie pour livrer Babel comme une mélodie. Mais très vite, le chœur monte et la solennité est à son comble. S’ensuit un Lacrimosa qui permet de ressentir la puissance des chœurs et où la demande faire à dieu de donner la paix aux morts sonne plus comme une supplication officielle qu’un appel à la douceur. Dans un staccato de percussion, le Dies Irae est très réussi et pourrait vraiment accompagner des images venues de l’apocalypse de Jean. La voix de Melody Louledjian touche au sublime dans le beau Qoboûr de Mohammed Ennaji et quand le chœur d’homme lui répond il se dégage une grande douceur.

Majesté et Orient universel

Le Gloria est un défilé majestueux où le chœur donne toute sa puissance, soutenu par les percussion, avec un soupçon d’inspiration orientale qui rend le message d’autant plus universel. Le « Cantique des Cantiques » suit la même veine plus impériale qu’intimiste et c’est une interprétation intéressante de ce texte amoureux, quasiment érotique et mystique. Grandiose final Laurent Couson rend hommage à son instrument fétiche avec « Tuba mirum » qui vante le son merveilleux de la trompette sous forme de fugue et d’échappée belle. Puis on entre dans le final, les supplication « requiem aeternam », par la voix très haute et si puissante de Melody Louledjian amorcent la « dernière prière », qui convoque la fameuse prière des morts des juifs, le Kaddish avant de nous entrainer dans une apothéose où toutes les langues se mélanges. Sorte de note de bas de page douce : les lettres de l’alphabet hébraïque son lues par les chœurs, avant que le canon des voix, des percussions et des cuivres ne reprenne…

Après une minute de silence, l’assemblée est debout pour applaudir. Les musiciens donnent en bis une composition toute récente de Laurent Couson sur le texte texte en français de l‘Ecclésiaste où la soprano continue de nous impressionner. Et c’est avec beaucoup d’énergie, de bonheur et une grande spiritualité que les applaudissements reprennent. Requiem XIX est une œuvre à suivre.

visuel (c) DR

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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