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Festival Radio France Occitanie : Andrei Korobeinikov enthousiasme le public du Corum de Montpellier

Festival Radio France Occitanie : Andrei Korobeinikov enthousiasme le public du Corum de Montpellier

22 juillet 2019 | PAR Jean-Marie Chamouard

Andreï Korobeinikov s’est produit à l’opéra Berlioz de Montpellier, le 20 Juillet 2019, pour un récital consacré à la musique polonaise et russe. De Chopin il interprète trois Mazurkas, puis les ballades n° 1 et 4 et la polonaise dite « héroïque ».Le concert se poursuit avec trois préludes de Sergueï Rachmaninov et avec les tableaux d’une Exposition de Modeste Moussorgski.

Andreï Korobeinikov est un pianiste russe né à Moscou en 1986. Il a étudié la musique au conservatoire de Bakou puis de Moscou et a débuté une carrière internationale en 2006. Il participa pour la première fois cette année là au festival de Radio France Occitanie et ce soir il y revient pour la quatrième fois.

Le concert débute par trois Mazurkas, ces danses traditionnelles polonaises à trois temps dans lesquelles Chopin a mis toute sa sensibilité. La Ballade n°1 a été écrite par Chopin à Paris entre 1831 et 1835. Elle aurait été écrite en hommage au poète polonais Adam Mickiewicz. C’est un vaste poème musical romantique qui reflète comme dans un miroir des états d’âme très divers .Pour Liszt qui l’aimait beaucoup, cette ballade représente « l’odyssée de l’âme de Chopin. L’interprétation d’Andreï Korobeinikov est toute en retenue, recueillie et émouvante.

La Ballade n°4 a été composée en 1842 : Chopin était alors affecté par le décès d’un ami proche et par le déclin de sa propre santé. Le début est lent et mélancolique puis le deuxième thème plus rapide et serein. La douceur et la beauté du toucher du pianiste est émouvante, sa virtuosité se révélant dans la fin de la ballade.

La Polonaise , opus 53 dite « héroïque » a été écrite la même année. Chopin, dont la mère était polonaise, a été très affecté par l’occupation russe de la Pologne à partir de 1831. C’est une œuvre patriotique en hommage à la patrie perdue. Andreî Korobeinikov interprète avec brio ce célèbre morceau de bravoure du répertoire.

La deuxième partie du concert débute par trois préludes de l’opus 23 de Sergueï Rachmaninov (1873-1943). Ces préludes, inspirés par ceux de Chopin, ont été composés entre 1901 et 1903 et sont donc contemporains du concerto pour piano N°2. C’est l’époque où Rachmaninov connait à nouveau le bonheur et le succès. L’interprétation du cinquième prélude par Andreï Korobeinikov est éblouissante de virtuosité mais il montre aussi toute sa sensibilité dans la partie centrale très romantique du prélude.
Modeste Moussorgski (1839-1881) a écrit les Tableaux d’une exposition en 1874 pour l’exposition des œuvres de son ami Victor Hartmann, peintre dessinateur et architecte décédé l’année précédente. Cette œuvre a été orchestrée plusieurs fois en particulier par Ravel en 1922 mais ce soir nous écoutons la version originale pour piano solo. Elle comprend dix pièces entrecoupées de promenades. La musique de ces promenades est très mélodieuse et évoque la promenade imaginaire du compositeur entre les œuvres d’art. C’est une oeuvre très variée et très expressive. La musique se fait bancale et grimaçante pour décrire le Gnomus, personnage difforme à la démarche pesante et sautillante. La musique devient joyeuse et enchanteresse pour le jardin d’enfants des Tuileries. Elle est grave avec de lourds accords pour le tableau du Bydlo, le pesant chariot polonais tiré par des bœufs. Le tableau de la cabane de la sorcière Babayaya est l’occasion d’une avalanche de notes et pour la grande porte de Kiev la musique se fait majestueuse et grandiose. Les tableaux d’une exposition révèlent tout le talent d’Andreï Korobeinikov : son époustouflante virtuosité mais aussi la variété de son jeu et sa grande expressivité.
Andreï Korobeinikov nous a offert un merveilleux récital de piano, par le choix des œuvres mais aussi par sa maîtrise du piano, sa sobriété, son autorité mais aussi sa sensibilité. Le public a été captivé et très enthousiaste. Une « standing ovation » et cinq bis successifs ont clôturé ce magnifique concert.
visuel : Andrei Korobeinikov  © Marc Ginot

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Jean-Marie Chamouard

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