Chansons

Sabine Happard à la Maison de la Poésie: Ronsard et pop, un mariage qui peine à convaincre

Sabine Happard à la Maison de la Poésie: Ronsard et pop, un mariage qui peine à convaincre

22 novembre 2019 | PAR Lise Lefebvre

Dans un programme en partie consacré aux poèmes de Ronsard, la jeune chanteuse a fait entendre une bien jolie voix, dans un ensemble un peu trop charmant.

Le pari était intéressant: faire résonner les mots de Ronsard avec une touche pop, murmurés presque à voix nue, avec le seul accompagnement d’un clavier. C’est le parti pris qu’a choisi Sabine Happard, dans le cadre du festival Paris en Toutes Lettres, et dans le cadre intimiste d’une petite salle, au sous-sol de la Maison de la Poésie.

Toutes séduisantes que soit l’entrée en matière, et le charme  sans esbroufe de la chanteuse, on se prend cependant à rêver d’un habillage moins poli, moins joli peut-être, pour ces sonnets qui parlent souvent de sensualité et de mort, de temps qui flétrit tout, de plaisir et d’amour, de beauté et de mort. Une oeuvre stylisée, certes, mais où le poète a mis beaucoup de son expérience charnelle et émotionnelle. 

De la même façon, on a eu peine à voir le lien entre Ronsard et la seconde partie du concert, consacrée aux créations de Sabine Happard. Celle-ci a expliqué avoir été inspirée par un recueil du poète trouvé dans la rue-les chansons auraient-elles sonné différemment si le poète s’était appelé Baudelaire ou Lautréamont?

Difficile à dire, tout comme il est difficile de se laisser toucher par les textes de la chanteuse, bien écrits et interprétés, mais qui semblent rester suspendus à la surface des choses, brillant seulement d’un bel éclat. 

Le public a toutefois été conquis, dans l’ensemble, par le concert, où se détachaient deux reprises-le « Jane B » de Gainsbourg, et « Si tu savais où je vais ». Un autre clin d’oeil vers les chanteurs poètes, pour marquer un festival très orienté sur les liens entre musique et poésie.

Visuel : © DR

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Lise Lefebvre

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