Chansons

« La nuit sans retour », Monsieur K et ses plus beaux travestis enchantent le Festival d’Avignon

« La nuit sans retour », Monsieur K et ses plus beaux travestis enchantent le Festival d’Avignon

17 juillet 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Enfin ! Depuis le début de mandat d’Olivier Py, on rêvait de cela. On rêvait de voir réactivée sa passion pour le cabaret. C’est chose bien faite grâce à la merveilleuse troupe de Madame Arthur qui balance talons hauts et cils pailletés, chansons tristes et chansons gays, au Délirium, ce soir seulement.

Pour tous ceux nés après 1998, un rappel des faits s’impose. Le goût d’Oliver Py pour la figure du travesti est très personnelle. Il a beau lui avoir fait ses adieux, son avatar Miss Knife continue d’hanter nos souvenirs. En 1996, il invitait Miss Knife et sa baraque chantante dans le Lycée St Joseph transformé en … cabaret, art populaire et politique par définition.

Le « In » comme s’en amusent les comédiens, met au programme ce spectacle de Jérôme Marin qui a redonné vie à Madame Arthur, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Alors « Buvons, rions pour oublier qu’il y a plein de sang sur le pavé » balance Monsieur K, en kimono, tricorne, bottines à talons aiguilles et plumes de paon (mal fixées !) sur le plastron. Le principe du cabaret est simple et il est rappelé : « c’était la première chanson, maintenant il va y en avoir d’autres ».

Ici, tout est permis, on peut apostropher Jeanne Plante qui nous raconte armée de sa voix si vintage et de son ukulélé ses montées d’escaliers, comme être émus aux larmes par la reprise que fait le/la flamboyant/e Corrine de « La ballade de Jim ». Les chansons, donc, les unes après les autres cherchent l’émotion. C’est glamour, c’est drôle, c’est juste.

Amours blessés, solitudes pailletées, le cabaret s’amuse de la mélancolie du monde. Il n’est pas inutile de souligner que nous sommes au spectacle ici et que ça joue très bien. Antoine Bernollin (Anna Petrovna) et Fred Ferrand (Frédéric Chopine) accompagnent la troupe en musique. Les costumes sont superbes, les plumes et les strass mettent du beau sur le laid.

La nuit s’enfonce quand nous quittons le Délirium sans savoir si Olivier Py est apparu ou non en Miss Knife. On en a rêvé…

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Visuel : ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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