Chansons
[Live Report] Festival des chants de marins, musiques des mers du monde dans le port de Paimpol

[Live Report] Festival des chants de marins, musiques des mers du monde dans le port de Paimpol

18 août 2015 | PAR Enora Le Goff

Le week-end dernier à Paimpol, ville portuaire de Bretagne, avait lieu le Festival du Chant de Marins, regroupement familial et populaire des musiques du monde.

Organiser un festival de chant de marin dans un port semble tenir d’une logique primaire. Le thème de l’événement tient et se justifie d’abord dans son décor : la ville de Paimpol a l’atout d’avoir un port au milieu de la ville et du centre historique. Cœur dynamique de la commune, il est pour trois jours l’épicentre de la musique des mers du monde et de la culture bretonne, qui transparaît toujours en filigrane. Une forêt de mats ornés de drapeaux dans un port de pierres grises et de petites maisons : voici le cadre exceptionnel du festival qui donne toute son envergure et sa cohérence à l’événement. Des visites de bateaux sont organisées, et certains deviennent même des scènes, à l’instar du bateau-scène « la Fée de l’Aulne » sur le quai de Kernoa. Il a accueilli notamment Radio Babel Marseille et son beatbox provençal, ou Whiskey & Women, trois américaines qui chantent la Louisiane sur un accordéon survolté. Peu à peu le concert devient dynamique, donnant à voir un public vivant, dansant au rythme de musique toujours axée sur le whisky. Le port de Paimpol s’extraie un instant de la ville et de sa finalité plaisancière pour devenir à la fois décor et cadre, pour se transformer en immense scène de concert, comme une vitrine de la culture bretonne.

Le festival ressemble davantage à une grande fête de village comme un gigantesque bal populaire, où se croisent au même endroit et animés par les mêmes envies, des ribambelles d’enfants, des bandes de trentenaires et des groupes de seniors, réunis, par exemple, par Hugues Aufray, ou par l’efficacité quasi-universelle du Celtic Social Club, grande folie musicale, sur laquelle le public danse à cœur joie. Les spectateurs se sont aussi retrouvés sur d’autres concerts comme celui du Broken Circle Breakdown, étant à l’origine de la bande originale du film Alabama Monroe, musique country blues qui pose à la fois le public, autant qu’il l’emporte dans une douce litanie. De 14h à 22h, le festival est très familial et convivial. Puis la nuit réveille les traditionnelles hordes de jeunes (et de moins jeunes, la jeunesse n’ayant pas le monopole de la nuit) qui , jusqu’à 2h, heure de fermeture, s’abandonnent à Winston Mcanuff & Fixi et son reggae original, ou à Youssou N’dour, qui a réchauffé le dimanche soir, avec des morceaux solaires et un danseur acrobate, offrant même un moment de grande communion (malgré un public divers) sur la musique 7 Seconds.

La programmation très éclectique permet tout de même de retrouver une certaine cohérence dans le thème du festival qui donne une belle tribune aux musiques celtiques-folk. Tous les soirs à partir de 21h, un Fest Noz est programmé. La scène Michel Pinc accueille des artistes locaux tels que les Frères Morvan, Carré Manchot ou Kerloa, qui font danser la foule au son du bagadoù et du biniou. Cela se transforme en une énorme farandole, car une majorité de touristes ne connaissent pas les pas et se contentent de sautiller en souriant. Bel instant de cohésion populaire, musicale et culturelle, il est assez représentatif de l’ambiance globale qui régnait dans le port de Paimpol, où étaient palpable chaleur humaine, esprit de fête et fierté celtique.

Enora Le Goff et Salomé Vincent

Visuels © Salomé Vincent

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Enora Le Goff

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