Musique
Caprices festival, jour 4 : Une clôture en fanfare

Caprices festival, jour 4 : Une clôture en fanfare

15 avril 2012 | PAR Yaël Hirsch

Au programme de cette journée de clôture du Caprices 2012, d’abord deux interview : Caravan Palace et le génial Roman Rappak, leader du groupe british Breton. Puis quatre concerts aux ambiances et publics aussi divers qu’intenses : Hubert-Félix Thiéfaine, Shaka Ponk, Breton et Caravan Palace.

Journée toujours aussi blanche mais plus calme pour l’équipe de Toute La Culture à Crans-Montana. Le village se préparait à l’assaut final du public pour un samedi à guichets ultra-fermés.

C’est donc vers 16h30 que notre journée de musique a commencé par une incartade, comme chaque jour, par le off du Caprices Cet « Après-ski » juché dans une voiture à haut-parleurs de jeunes talents qui montent le son devant le bar clé de la ville, le Monki’s. Autour, une série de voiture de restauration et de tables improvisées permet aux skieurs de retour des pistes et aux badauds partis acheter leur dîner à la Coop de se poser avec une bière ou un verre de fendant et d’écouter. Un espace gratuit où l’on entend de la musique ensoleillée, même quand il pleut.

Vers 17h, nous nous sommes mises en piste pour retrouver les deux groupes que nous devions interviewer dans les tentes du festival encore vides, chaudes et d’une propreté éblouissante. Première étape : les backstage cosy (tissus à fleur et fruits à gogo) du chapiteau où deux comparses fondateurs de Caravan Palace nous ont accueillies à la française : deux bises et pas trois, comme en Suisse. Interview à lire ici. Juste le temps de poser quelques questions techniques sur les voitures téléguidées et nous étions propulsées dans le Saint des Saints de l’espace presse où deux guys du groupe Breton ont poussé l’esthétique du « Do it Yourself » jusqu’à proposer de nous faire un café. Nous avons décliné et embrayé sur des questions aussi bien en Français qu’en Anglais, Guillaume Rappak étant parfaitement bilingue et son roux compagnon un peu fatigué par le voyage. Interview, là.

Juste le temps de se changer en mode un peu rétro pour le concert d’électro-swing et d’avaler une pizza chez Molino et nous étions d’attaque pour le beau concert d’Hubert-Félix Thiéfaine sous le grand  Chapiteau. Enfin multi-récompensé aux victoires de la musique cette année (enfin! après 40 ans de carrière et 16 albums, le chanteur était au top de sa forme. Ironisant sur la joie de vivre de ses chansons baudelériennes, mince et svelte avec sa gueule irrésistible de vieux loup, il a enchaîné les tubes, avec énergie, corseté dans une chemine blanche (et fine cravate noire). Il alterne textes sombres et très rythmés rock et litanies plus bashungiennes (période cantique des cantiques) : quasi- a capella. A partir de « Soleil cherche futur », son public abondant, attentif et calme, est entré en intenses transes, murmurant toutes les paroles.  A mi-parcours, l’impeccable Thiéfaine laisse la place quelques minutes à son guitariste très rock pour changer de chemise et c’est en couleur de deuil intégral mais avec un grand sourire qu’il a entonné « La ruelle des morts ».

Si l’on avait la place de se recueillir du côté du chapiteau, au même moment le réservoir bouillonnait de très jeunes gens surexcités. Certains habillés avec des capuches d’écureuils (voir photos), certaines avec la perruque de Samaha Sam, qui est assez proche de l’afro de l’égérie du festival. Le groupe étant arrivé en retard d’un bon quart d’heure, l’ambiance est vite devenue chaude comme la braise. Nous n’en dirons pas beaucoup plus que nos trois camarades et excellents critiques enthousiastes de Shaka Ponk sur l’univers manga geek et éclectisme festif du groupe. Voir le texte littéraire de Pascal Szulc, l’info parfaite d’Olivier Handelsman et le rapport des neiges d’Amélie Blaustein-Niddam pour avoir une idée de l’ambiance folle que peut insufler ce groupe atypique. la Monkey TV était bien là avec Goz en mascotte, Frah (alias François Charon) a beaucoup donné au public, se jetant même dans une foule très compacte qui a mis bien un quart d’heure à vider les lieux tellement elle était nombreuse.

Sous le Chapiteau, la foule s’amassait en grappes à la fois jeunes et mûres (mais très mal habillées!) pour entendre le swing irrésistible de Caravan Palace. Arrivant tous ensemble sur scène et commençant sur un morceau lent qui mettait la voix de Colotis Zoe en avant, le groupe a longuement monté le son pour le plus grand bonheur de la salle. Zoe en faisait des tonnes laissant tomber par morceaux sa jupe et pinupant avec délice. Bref, comme d’habitude, un grand succès. (photo : Hugo et Zoe)

 

 

De l’autre côté, les éclectiques Breton avaient pris d’assaut la scène du Réservoir. Population plus clairsemée (ô injustice) mais très concentrée et complétement prête à laisser la musique et les superbes vidéos-clips des londoniens envahir son inconscient. Son parfaitement maîtrisé, images à pleurer de beauté industrielle, rythmes entraînants, et déjà des tubes (« The commission », « Edward the Confessor » ou encre « Pacemaker »). Surtout, alors que le premier album vient de sortir, les Breton ont proposé en français dans la présentation de Romain une nouvelle chanson totalement calibrée pour le dancefloor. Il y a vraiment un travail de recherche et de précision dans le lien que le groupe établit entre son son inclassable et ses images. Une combinaison qui place tour à tour en transes de danse et puis de réflexion.

De très fortes impressions, à maturer dans le train qui nous ramène à Paris demain. Car il est deux heures du matin et pour Toute la Culture, cette année, Caprices, c’est fini.

Texte Après-ski : Olivia Leboyer

Photo : (c) Yaël Hirsch

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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