Musique
Ça tangue pas mal à Paris, premiers pas dans l’univers Tango

Ça tangue pas mal à Paris, premiers pas dans l’univers Tango

17 novembre 2010 | PAR Elise Arnould

Ce qui caractérise d’abord les vrais danseurs de tango se sont les chaussures, mais ne vous y trompez pas les chaussures ne font pas le danseur. Il faut bien des cours et des pratiques en soirée avant de pouvoir les porter et arriver à se laisser aller au don retenu qu’est le tango. Dès qu’un couple est à l’aise, se dégage cette harmonie si particulière à la danse en couple. Quelque chose d’indicible s’échange dans le plaisir d’être ensemble. Ce qui différencie le tango argentin est l’intimité de l’abrazo,  une sensation indéfinissable qui se lie dans la proximité des corps se mouvant en adéquation avec la musique.

Mois de Novembre, grisaille et bruine nous enveloppent, fuyons les temps froids et partons pour un peu de chaleur et quelques rencontres dans la semi-pénombre des soirées Tangos. Quelques pistes pour découvrir l’univers avant de faire le premier pas.

Un spectacle : O Tango au Casino de Paris et en tournée en France.

Un CD : Orquesta de Carnaval / Amores Tango

Orquesta de carnaval et leur Amores Tango, une formation qui réussit le challenge de  sortir de la pure tradition Tango tout en y restant.  Une musique agréable se glisse sur les platines lors de soirées qu’elles soient dansantes ou pas. Le mieux est encore d’écouter. Pour pousser la découverte un peu plus loin leur site myspace : ici.

Un magazine : La morsure déchainée

Parce que ce n’est pas qu’un recueil de petites adresses mais un vrai magazine sur le tango qui se veut ouvert à toutes les approches autour du Tango. Entre voyages, réflexions et témoignages le tout rédigé avec un mordant indéniable bref un recueil qui se laisse le temps de se construire (le dernier numéro date de Juin 2009) et qui n’en est que plus riche.

A feuilleter d’urgence virtuellement ou pas : ici

Après avoir regardé, lu et écouté …et si c’était à vous de vous lancer ? Avant de passer à l’acte découverte de La casa del Tango dans le 19ème arrondissement et rencontre avec Frédérique Behar, directrice histoire de savoir où nous mettons les pieds.

A la casa, l’odeur du café semble attirer les frileux qui, fuyant les crachins de Novembre s’engouffrent dans la petite salle de danse. La musique est en marche, la voix d’un chanteur aux accents surannés s’élève des enceintes. Dans l’entrée les vrais passionnés enfilent leurs chaussures en discutant. Joëlle, derrière le bar, accueille chacun avec le sourire tout en préparant thé, café et gâteaux. On ne vient pas sur la piste tout de suite, on prend le temps de discuter, de se retrouver. Bien sur dans le plaisir des pratiques il y a la danse, mais aussi celui des amis. En après midi, on retrouve ceux qui ne travaillent pas ou plus, avant de laisser la place aux cours en soirée. C’est dans cette atmosphère, jonglant entre la newsletter et l’organisation d’une prochaine soirée, que nous reçoit Frédérique Behar.

–    Les soirées Tango à Paris semblent se multiplier, qu’en est-il réellement ?

Il y a plein de lieux où danser le tango mais il n’y a pas beaucoup de lieux permanents comme la Casa. Les organisateurs investissent des lieux qui ne sont pas des lieux Tango de manière hebdomadaire, bimensuelle ou mensuelle cela dépend. Il y a une cinquantaine de lieux où l’on peut danser le Tango à Paris : des restaurants, des bateaux, des bars… Rares sont les endroits comme la Casa dans le 19ème ou l’académie du Tango à Nation où l’on peut apprendre à danser, écouter, acheter des chaussures… Dans un seul et même lieu coloré Tango, se développent plusieurs activités.

–          Qui sont les tangueros qui investissent La Casa del Tango?

Il y a beaucoup d’habitués, de part la petitesse du lieu ça a tout de suite été une atmosphère conviviale, intime. Je suis spécialisée dans les après-midi Tango donc je suis le seul lieu où l’on danse de 16h à 19h du Mardi au Samedi. De l’inconvénient de départ, le fait que ce soit petit, j’en ai fait un lieu de l’après midi ce qui est devenu ma spécificité. La plupart des bals Tango ont lieux le soir. Ici le bal à lieu l’après-midi et nous enchainons sur les cours le soir. Il y a vraiment deux publics celui de l’après-midi : des gens qui ne travaillent pas ou des indépendants et ceux qui viennent à partir de 19h30, 20h30 qui sont peut être une clientèle plus jeune, salariée.

–          Quelle est l’évolution des lieux dédiés au Tango ?

Il y en a de plus en plus, cela fait onze ans que je danse maintenant. En onze ans j’ai vu progresser chaque année le nombre d’évènements liés au Tango. La danse l’été sur les quais est une vitrine. Les gens peuvent venir voir un bal et casser l’image qu’ils en ont, une image chorégraphiée, associée aux danses de salons ou à la compétition cela n’a rien a voir ce n’est simplement pas la même danse et les quais sont une vitrine du Tango de bal qu’on fait. A partir de là, les gens sont intéressés et puis on en parle de plus en plus, il y a des documentaires, des films, des spectacles…  En dix ans tout a augmenté, le nombre de danseurs, de lieux, de propositions artistiques…ça ne fait qu’augmenter et ce n’est pas fini. Ça fait huit ans que j’organise des stages d’initiation. Tous les mois il y a du monde et le public rajeunit de plus en plus. Ça me fait plaisir parce qu’il y a des gens qui veulent venir découvrir. Les vingt-six ou vingt-huit personnes qui viennent ne continuent pas toutes et ce n’est pas le but. C’est juste le fait d’ouvrir une fenêtre en disant : «  j’ai envie de voir ce que c’est, comment ça marche… ». Ces stages se déroulent sur un week-end.  C’est toujours convivial par petits groupes. C’est moi qui assure la parité. Ce sont les conditions idéales pour apprendre, c’est sur cinq heures pendant deux jours donc vraiment on a le temps de danser, de parler de la musique, de l’histoire, de la culture. Ça me fait plaisir de le faire, je le fais tous les mois, je ne m’en lasse pas encore. Je n’ai jamais eu de baisse de fréquentation, par contre j’ai vu un rajeunissement du public.

–          Selon vous à quoi est du ce rajeunissement ?

Les gens en ont assez d’être seuls et il y a une affection dans la danse à deux de manière générale, de faire une activité à deux. Et puis c’est vrai qu’on en parle beaucoup. Le tango argentin est cette danse mystère, sensuelle, très riche.

Chaque lieu a vraiment sa clientèle, sa population, selon le lieu, selon le jour. Chaque soirée a sa couleur, il y en a une mensuelle au Chalet du lac ou les gens s’habillent un peu plus, il y en a une le Mardi soir qui va être plus jeune moins habillée, il y a des bals mensuels attendus, il y a un mélange de propositions qui fait que tout le monde s’y retrouve. Il y a un mélange des publics ou pas. Même si le tango grandit de plus en plus, cela reste une grande famille où les gens se connaissent tous plus ou moins.

Le site de la casa :ici

Un lieu où danser régulièrement en soirée : Le centre culturel Barbara

Tous les vendredis et les dimanches soirs, l’association « Mordida del Tango » organise des cours suivis de bals Tango. Pour tout vous dire j’y suis passée en coup de vent (jamais l’expression n’aura mieux portée son nom), le temps d’entrevoir un grand espace et les silhouettes de couples enlacés dans une ambiance tamisée de quoi vous donner envie de pousser les portes. D’autant plus que l’association « Mordida de Tango », propose une multitude d’activités autour dudit Tango, une association qui n’a pas volé son nom. Pour en savoir plus jetez un coup d’œil sur leur site ici.

Les vendredis de 20h30 à 23h30 (précédé de cours à 19h30)
Les dimanches de 18h30 à 22h00
Centre culturel Barbara
1 rue Fleury-75018 Paris
Prix : 5 euros

Un lieu ou danser exceptionnellement : Le Tango des buttes

Dans l’univers Tangueros il y a les soirées régulières et puis les autres. Ces soirées exceptionnelles dans un cadre vraiment hors du commun. Il semble que ce soit le cas de celle-ci au cœur du parc des Buttes Chaumont, le pavillon du lac vous attend …Nous vous laissons seuls juges.

Et pour ceux qui veulent venir prendre un verre mais qui ne veulent pas danser c’est gratuit.

Le pavillon du lac
Mercredi 17 et 24 Novembre 2010
Bal Tango de 20h à Minuit 7 euros.

Parc des Buttes de Chaumont
Entrée par la grille principale face à la Mairie du 19e > Suivre l’allée en montant sur votre droite
Métro > Laumière

Un lieu ou danser : pour les débutants

Et oui quand on débute pas facile. On se sent un peu gauche. Il faut savoir gérer les pas, le guidage de la partenaire et tout ça sur la musique sans écraser de pieds.  Bref l’angoisse ! Enfin on a pensé à nous débutants et Frédérique Behar (oui, oui celle de l’interview) nous propose donc (oh la bonne idée !) un bal Tango pour débutants histoire de s’entrainer et de rouler un peu sa bosse avant de s’élancer vers le vrai bal.

Un festival : Paris Banlieue Tango festival

Jusqu’à la fin du mois de Novembre des bals, des lectures et du cinéma…pour les plus mordus d’entre vous.

Notre dossier vous propose quelques lieux …Spécialistes ou néophytes du Tango à Paris, n’hésitez pas à partager avec nous vos bonnes adresses. (cf les commentaires J)

Toutes les adresses ici.

O Tango en tournée
Claudio Tolcachir, la révélation du Festival d’Automne
Elise Arnould

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