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[Live-report] « Contrastes », épatante création de Richard Galliano au Châtelet

[Live-report] « Contrastes », épatante création de Richard Galliano au Châtelet

16 décembre 2014 | PAR Olivia Leboyer

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Ce lundi 15 décembre, le Théâtre du Châtelet proposait une soirée exceptionnelle : une création haute en couleurs, bien contrastées, entre la musique classique et le tango, entre le violoncelle et l’accordéon. Le public a fait une ovation à ce concert survolté, dirigé avec maestria par Frank Braley.

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Mêler l’accordéon, le violoncelle et les violons ? L’idée est séduisante comme tout, la musique s’épanouissant librement, sans distinction entre les registres dits noble ou populaire. Si l’accordéon est un instrument de la rue, son intégration dans l’orchestre de Wallonie s’est faite ici avec un grand naturel.

Richard Galliano, accordéoniste et bandonéoniste (accordéon plus petit) de talent, était ami avec l’Argentin Astor Piazzola. C’est donc un hommage particulièrement émouvant qu’il lui a rendu en jouant son « Grand Tango pour violoncelle et orchestre à cordes ». Auparavant, les musiciens ont livré une splendide interprétation de Bach (Concerto pour hautbois et violon en ut mineur BW 1060, transcrit pour accordéon et violoncelle) : au fil des trois mouvements, l’accordéon a déployé la richesse de ses notes chaudes et enveloppantes.

Après l’entracte, et sans Richard Galliano, la Symphonie en ré mineur « La Casa del Diavolo » de Luigi Boccherini nous a enchantés, avec son rythme tempétueux. Au violoncelle, Henri Demarquette a été éblouissant de précision et de finesse.

Avec la création « Contrastes », pour accordéon, violoncelle et orchestre à cordes, Richard Galliano a fait vivre toutes les nuances du tango, notamment le si doux milonga. La toile de fond n’a cessé de passer d’une couleur à l’autre, la gamme chromatique symbolisant littéralement la variété des tons. Les doigts secs et nerveux de l’accordéoniste ont subjugué les spectateurs, qui applaudissaient avec force, criant des bravos enthousiastes. Surexcités, les spectateurs ont rappelé plusieurs fois les musiciens. Généreuse, pleine d’allant, la musique nous a tenus sous son charme, avec ses mouvements amples et profonds, ses attaques et ses chutes abrupts et secs.

Un grand merci à Richard Galliano, Henri Demarquette, Frank Braley et l’Orchestre Royal de chambre de Wallonie pour cette soirée enchanteresse, d’une grande chaleur humaine.

visuels: affiche officielle du spectacle.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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