Musique
Americana : faire du Young avec du vieux

Americana : faire du Young avec du vieux

28 juin 2012 | PAR Eva Blanca Soto

Cela faisait 9 ans que Neil Young n’avait plus joué avec son groupe « The Crazy Horse ». Des retrouvailles à double titre, puisqu’en plus, le nouvel album de Neil Young, « Americana », revisite les standards de la musique traditionnelle américaine.

De « Oh Susannah » à « God Save the Queen », dans « Americana », tout commence et tout finit avec une femme. D’abord donc, la femme qu’on aime, fragile à qui on demande de ne plus pleurer en lui promettant de revenir. Et pour finir, celle qui règne, et à qui on fait allégeance. « God Save the Queen » était aussi l’hymne des Etats-Unis avant le fameux « Star-Spangled Banner ». Onze chansons qui pour certaines remontent au 19ème siècle, et à qui Neil Young a voulu rester fidèle. Car pour lui, toutes ont encore aujourd’hui une vraie signification sociale et humaine.

A l’image de l’une des plus connues d’entre elles, il s’agit du mythique « Get a job ». Track number five, elle est donc placée au coeur de cet album. A 67 ans, Neil Young semble presque plus « impertinent » que les Silhouettes, ce groupe vocal américain qui a été l’interprète initial du morceau dans les 50’s. Bien sûr, comme eux, il se « moque de la mère de famille » qui dit à son mec « mais va trouver un boulot ! ». Seulement la légèreté inhérente au rythme du Doo-Wop se fond ici dans une guitare lourde. En plus, il y a dans cette façon plus trainante de chanter « sha-na-na-na », moins de légèreté, presque du fatalisme. Neil Young remet donc « la mère » à sa place, non pas comme un « ado », mais en lui parlant d’égal à égal, presque sur le même ton qu’elle. Rien n’a changé dans les paroles, mais cette interprétation-là dit plus sérieusement que la version initiale « ok, ça va…  je ne vais pas culpabiliser en plus de ne pas trouver de job ! »

Neil Young a beau reprendre des chansons traditionnelles du répertoire américain, ce n’est jamais pour dire que « c’était mieux avant », mais pour exprimer que « cela pourrait être bien mieux aujourd’hui. »  Il reste donc notre porte-parole,  et avec lui, « les Parents » seront toujours vieux.

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Eva Blanca Soto

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