Musique

À télécharger : le crossover album du Wu Tang Clan et des Beatles

27 janvier 2010 | PAR Mikaël Faujour

Intitulé Enter the Magical Mystery Chambers d’après le titre d’un album des Beatles et du classique absolu des rappeurs nouillorcais du Wu Tang Clan, c’est un album de rien moins de 27 titres qui est offert en téléchargement. Une franche réussite dont il serait regrettable de se priver.

En vogue durant toute la décennie 2000, le crossover (ou mashup) consiste en une sorte de collage à partir de 2 morceaux (ou plus) – si possible éloignés musicalement.

Le genre a donné lieu à des réussites admirables, à des belles tentatives ou à des résultats mitigés. Citons, pêle-mêle le « Bootlegger Rhapsody » (rencontre des Ramones, de Jim Morrison et de Trent Reznor sur l’instru de « Bohemian Rhapsody » ; plusieurs autres mashups sont disponibles sur cette page), le crossover de Noir Désir et The Doors (« Le Vent l’emportera » / « Riders On the Storm ») ou les plus improbables crossover de Destiny’s Child et Godflesh ou de Nirvana et Lady Gaga

Surfant sur cette tendance, le duo belge 2 Many DJ’s a connu un grand succès. Le Grey Album mixé par Danger Mouse (soit la rencontre du White Album des Beatles et du Black Album de Jay-Z) a joui également d’une forte réputation, bien que pour des raisons de droits, le disque n’a pu être édité. Dans un autre registre (qui n’est plus celui du mix), le groupe Beatallica, basé sur la rencontre des Beatles et de Metallica, s’est également fait une petite réputation.

Depuis quelques jours, un dossier zippé contenant 27 titres est disponible. Il s’agit d’un album intitulé Enter the Magical Mystery Chambers, d’après The Magical Mystery Tour des Beatles et Enter the Wu Tang Clan – 36 Chambers du Wu Tang Clan. Les morceaux ne sont pas exclusivement issues de ces deux albums, mais du répertoire élargi des dieux de la pop et du crew nouillorcais. La réussite est assez renversante. L’excellence du mix – qui est souvent le problème dans ce « genre » – de Tom Caruana (du label Tea Sea Records, membre de Son of Sam) étonne : le naturel avec lequel les flows se pose sur les instrus donne l’impression d’écouter un album original.

Les Beatles ne sont pas seulement banalement samplés, mais ici la ligne mélodique du « Can’t Buy Me Love » reprise au xylophone synthétique, là un refrain est repris par une chanteuse soul, ailleurs tel sample truqué s’intègre à merveille. L’usage des samples ne se borne d’ailleurs pas qu’à des loops ; apparaissent en fond sonore des arrangements de cordes ou de sitar ; il ne se borne non plus qu’à la musique, puisque des extraits d’interviews (des musiciens, des fans) rythment l’album.

Brillant. Vraiment brillant. Une des meilleures surprises musicales de ce début d’année 2010. Du bonheur pour les oreilles. Et du très inattendu, car qui aurait jamais rêvé à la rencontre fortuite sur une table de mixage de John Lennon et du berserk Ol’ Dirty Bastard ?

Pour le téléchargement de l’ensemble de l’album zippé, ça se passe par ici.
Pour l’écoute libre et le téléchargement titre par tire, c’est par là.

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Mikaël Faujour

2 thoughts on “À télécharger : le crossover album du Wu Tang Clan et des Beatles”

Commentaire(s)

  • Mozart

    Mais ce sont les Beatles qui ont inventé loops

    janvier 28, 2010 at 1 h 39 min
  • Dans la musique pop, ce sont sûrement les 1ers. Mais ils n’ont rien inventé. Je pense qu’il faut plutôt chercher dans la musique concrète.

    janvier 28, 2010 at 9 h 23 min

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