Musique
Accentus au pays de Rachmaninoff.

Accentus au pays de Rachmaninoff.

01 novembre 2010 | PAR Bérénice Clerc

Les mains magiques et perfectionnistes de Laurence Equilbey, sculptent le son d’Accentus depuis bientôt vingt ans, pour interpréter dans le monde entier les oeuvres majeures du répertoire a capella ou booster la création contemporaine.

Nul ne peut rester de marbre à l’écoute des voix fascinantes d’ Accentus, puissantes ou fortes, murmurées ou douces, cet orchestre à un instrument, colore l’espace comme personne.

Le succès est au rendez-vous, même si la France devrait offrir beaucoup plus, si la culture vocale et le plaisir de chanter étaient transmis dès le plus jeune âge, comme dans d’autres pays.

« Transcriptions » s’est énormément vendu, les Victoires de la Musique pleuvent, les disques sont récompensés, comme celui consacré à l’oeuvre de Shoenberg, le niveau monte toujours un peu plus et la presse comme la critique salut et récompensent régulièrement leur travail.

« Les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix « de Joseph Haydn, avec l’Akademie für Alte Musik Berlin est un petit chef d’oeuvre et je reste encore sous le choc du « Paradis et la Péri », de Robert Schumann, joué avec excellence à la Cité de la Musique avec le Brussels philharmonic et le Choeur de la Radio Flamande.

Depuis octobre, Laurence Equilbey et Accentus nous donnent à entendre leur nouvel enregistrement : Rachmaninoff « Liturgie de Saint Jean Chrysostome et les Vêpres ». Comme à son habitude, Laurence Equilbey ne donne pas rendez-vous à ses chanteurs uniquement en studio pour enregistrer un album, elle éprouve le programme sur les scènes internationales et décide d’enregistrer quand la partition est absolument digérée et vocalement maitrisée dans ses moindres subtilités.

Pour ces oeuvres monumentales, Accentus est rejoint par le Choeur de chambre Eric Ericson, maître incontestable du Chant Choral suédois et international.

Selon l’Eglise Orthodoxe Russe, les instruments sont incapables de prier, il fallait donc utiliser la voix pour respecter les règles.

Rachmaninoff a composé, avec beaucoup de plaisir selon ses dires, ces deux grandes oeuvres religieuses.

Les voix se démultiplient à merveille, les basses descendent dans des profondeurs inouïs, la virtuosité et la musicalité de Laurence Equilbey, d’Accentus et du choeur Eric Ericson sont infaillibles.

Ce disque nous entraine aux confins de la Russie, les basses nous précèdent, l’orchestre vocal nous emportent, la musique est puissante, chargée d’énergie et de force venue des abysses pour nous donner un plaisir immense.

Aucune vidéo du programme Rachmaninoff n’est disponible pour le moment, en voici une en Russe tirée d’une transcription de Kamil Tchaleav au Festival de La Roch d’Anthéron en 2008, Accentus est accompagné par la talentueuse Brigitte Engerer.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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