Musique

5ème réussie pour le festival de Beauregard le week -end dernier

5ème réussie pour le festival de Beauregard le week -end dernier

09 juillet 2013 | PAR JD

Pour la 5ème édition du festival Beauregard les vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 juillet derniers les organisateurs avaient vu les choses en grand. Toute la Culture y était et vous en raconte l’essentiel. Enjoy !

Du lourd sur le site de Beauregard pour la 5ème année de l’évenement musical normand avec la présence cette année de groupes mythiques tels New Order, Nick Cave and The Bad Seeds, The Hives ou The Smashing Pumpkins, tout en n’oubliant pas de mettre à l’honneur de jeunes artistes comme, en vrac, Jake Bugg, les belges de Balthazar ou l’une des références de l’électro française Vitalic. Dans une ambiance de campagne normande, sur le site du magnifique château de Beauregard à Hérouville St-Clair près de Caen, plus d’une trentaine de groupes se sont succédés sur les scènes A et B d’un festival à taille humaine, bon enfant et à la renommée grandissante. En voici le compte rendu.

Vendredi

Une bière, un concert, c’est à peu de choses près le chemin rituel emprunté par le festivalier en forme, assoiffé de musique comme de bière. Pour ne pas dénoter au milieu de hordes de chaleureux vikings bien sympathiques, il s’agit donc de passer par la case buvette avant de rejoindre les anglais de The Vaccines au son de gratte un poil sali et relativement teenage. Sans être transcendant, les mecs assurent un set carré dénué de fausse note. Sans véritable folie non plus.

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Après que les Local Natives ont adouci un peu l’ambiance avec leur folk mélancolique et un soleil couchant en fond d‘écran, c’est aux environs de la scène A que l’excitation semble monter peu à peu. New Order s’apprête à s’emparer du mic et par la même occasion à emporter la majeure partie du public venue en masse écouter des mecs qui ont quand même connu Ian Curtis ! et formés avec lui l‘un des plus grands groupes des années 70, Joy Division, avant de continuer avec New Order à la mort du plus célèbre des épileptiques. L’un des groupes les plus novateurs de la new wave des années 80 faisait son entrée sur scène en cette première soirée de festival. Ouch !

Moyenne d’âge ? On approche la cinquantaine et le public ressemble un peu à une réunion d’anciens frères de défonce surexcités, malgré la ménopause naissante d’une bonne partie du public. L’ambiance s’enflamme lorsque retentissent les premières notes de « Blue Monday » avant que le combo anglais ne fasse complètement décoller ses fans français avec le tube « Temptation ». Un moment de grâce traverse Beauregard au moment du dernier morceau, « Love will tears us apart », ’Joy Division forever’ projeté sur fond noir derrière le groupe… le véritable rayon de soleil couchant de la soirée.

Une halte du côté de Alt-J avant que le toujours très humble (ha!) « mister M » ne fasse son entrée sur la grande scène du festival. Le public semble avoir aimé.

Samedi

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Un gamin de 18 ans débarque un peu hésitant sur la grande scène du festival d‘Hérouville St-Clair, Jake Bugg, la mine timide et la guitare folk-rock dylanienne. Le jeune lad fait couler sa musique qui navigue assez joliment entre des riffs efficaces et un son trad ricain nous faisant croire à la réincarnation de Johnny Cash, version british, an 2013. Le mec a de l’allure et les guitares couinent comme il faut. Voilà un gamin qui a de la gueule.

The Lumineers emporte un joli succès et fait vibrer quelques bisounours assis dans l’herbe toujours humide de la campagne normande avec le tube à pub / série télé « Ho Hey ».

Révélation du milieu des années 2000, les énergiques guys de Bloc Party ont attiré les foules en cette soirée estivale qui fait honneur à la saison, le public est blindé de kids survoltés qui n’attendent que de décoller. Sauf que si les compos sont carrés et que la batteuse envoie du lourd, on se dit que ce groupe manque cruellement d’altitude. Le son peine à nous transcender et il faut bien avouer que l’on se demande un peu pourquoi ce groupe a engrangé autant de succès ces dernières années. Où plutôt on comprend pourquoi. Pour ratisser large il faut sans doute parfois produire une musique rythmée mais sans âme, aussi neutre que fade.

La voix haut perchée de la chanteuse anglo pakistanaise de Bat For Lashes retentit alors non loin de là. Nous filons donc écouter le son légèrement planant du groupe britannique emmené par cette voix cristalline qui ponctue ses morceaux par quelques jolies envolées lyriques.

The Smashing Pumpkins… ah, enfin un vrai groupe de rock à grattes ! La voix enraillée de Billy Corgan sonne plutôt juste sur le son très 90’s, entre grunge et solo de guitares saturées de malade. Les mecs semblent être restés bloqués dans la décennie blasée, ce qui, il faut bien l’avouer, fait plaisir à voir à l’époque du changement de style tous les trimestres. Une reprise de Bowie « Space Oddity » épique et saturée vient mettre une bonne claque à une assemblée de jeunes vétérans, et les images du créateur visuel Sean Evans projetées en fond de scène venaient anoblir encore un peu l’ensemble. L’un des meilleurs concerts du week-end.

Accompagné pour l’occase de musiciens, le dijonnais Vitalic et son électro riche vient clôturer une journée en demi teinte. La french touch a de beaux jours devant elle.

Dimanche

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Balthazar est un groupe originaire du plat pays qui n’est pas le nôtre mais qui produit depuis quelques années une scène rock aussi foisonnante qu’intéressante. Le groupe belge propose un rock cool et mélodique teinté de mélancolie maîtrisée. Un chouette moment avant que celle qui semble déchaîner les foules, Olivia Ruiz (WTF ?!!) autoproclamée « branquignole » (après s‘être plantée dans son set), ne vienne conter sa vie sous une chaleur déjà bien assez abrutissante.

Benjamin Biolay, veste en jean sans manche sur le dos, entre alors en scène assez sobrement, la voix grave à vibrato suave et boxant l‘air chaud dominical de manière faussement nonchalante. Ce type est assurément l’un des meilleurs mélodistes et arrangeurs de la chanson française, ce qui ne l’empêche pas d’apparaître timide, peu sûr de lui et tentant parfois de le masquer. Touchant et beau par moment même si sa musique ne semble pas forcément être conçue pour s’écouter en festival, Biolay a su donné une certaine dignité à la chanson française sous les lumières pâlies de la scène B.

19h10, sous un soleil encore brûlant, c’est le moment de l’entrée en matière de l’un des plus grands groupes de scène de tous les temps, The Hives. Sapés classe, costard trois pièces, les gars sont en feu et font claquer leur rock’n’roll comme personne. Le chanteur, Pelle Almquist, la gestuelle à la Mick Jagger, confirme bien qu’il est une fuckin’ rock star, entrecoupant les morceaux du groupe suédois par des interventions du style « Nous sommes les meilleurs ! » « Merci beaucoup mes amis français ! » ou encore « This castle is mine » en référence à ce bijou de château de Beauregard. Les tubes « Walk Idiot Walk » et « Hate to Say I Told You So », puissantes bombes de rock garage, mettent tout le monde d’accord. Et même si les derniers morceaux de « La Hive » semblent moins percutants, c’est bien ce groupe qui met une claque à la concurrence. Une dernière intervention du blond chanteur bondissant : « Applaudissements ! ». L’assemblée s’exécute (le mec a bien compris comment gérer un public) avant de s’asseoir sans discuter, à la demande d’un Pelle jubilant. Puis gros craquage général sur la fin de l‘efficace « Tick Tick Boom » ! Et le concert du week end s’achève, la sueur perlant sur des fronts rassasiés.

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Après l’orage The Hives, la tempête Nick Cave s’est abattue dans une fin de journée estivale quasi parfaite. Nick Cave and The Bad Seeds, la classe incarnée, déboule sur scène, la gestuelle féline, l’œil vif et le nez alerte. Le type possède une aura de malade, des allures de crooner punk et la voix mi vénère mi suave. Nick Cave et ses acolytes alternent moments punk maîtrisé et instants de grâce, comme lorsque le rockeur australien pose des doigts plus délicats sur un piano adoucissant un peu l‘ensemble. Les guitares s’accordent parfaitement avec le violon et la longue barbe de Warrenn Ellis. L’incontournable « The Mercy Seat » enfonce les portes du paradis pour un public définitivement conquis.

Bon, après ça il semblerait que l’on puisse rentrer à Paris tranquille. Skip the Use a beau s’énerver assez efficacement sur l’autre scène du festival, la journée semble s’être achevée avec le concert de Nick Cave. Un dernier tour de piste réussi pour les nantais de C2C, talentueux entertainers au son un poil propret mais qui déchaînent des ados en transe pour le dernier concert du festival.

Sans véritable fausse note si ce n’est la déception de l’annulation du concert de l’un des meilleurs groupes français du moment, les bien nommés 69, le festival s’achève avec un sentiment de réussite globale. Dans une ambiance chaleureuse et avec une programmation de grande qualité Beauregard a manifestement réussi son pari, celui de s’affirmer comme l’une des places fortes des festivals français.



Photos (c) : Visuels officiels

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JD

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