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Nosfell exclusif ! Pour ses fans, et ceux à venir…

10 juillet 2009 | PAR Erwan

p1020088Après le concert triomphal de Nosfell salle Pleyel, nous voulions absolument rencontrer l’artiste. Le chanteur androgyne et polymorphe, a en effet une actualité très chaude en ce moment puisqu’en même temps sortent son album éponyme, et le conte musical « Lac aux Vélies » aux Editions Futuropolis.

On nous l’avait dit de petite taille, timide. Nosfell est très à l’aise du haut de son mètre quatre-vingt trois accompagné de son ami précieux, et non moins musicien, Pierre Le Bourgeois. Rencontre :

La boîte à sorties : Pourquoi le conte du Lac aux Vélies a été créé après les deux premiers albums et non comme un livre fondateur ?

Nosfell : Le principe était de prendre des morceaux des deux premiers albums et de résoudre une équation narrative au sein d’une annexe, « le Lac aux Vélies », en marge de Klokochazia (le pays imaginaire de Nosfell, ndlr.). Cette création vient de fait en quinconce entre le deuxième et le troisième album. Dans mon fantasme, j’aurais fait trois annexes au regard des trois albums, et l’on pourrait tirer des traits entre les albums et les annexes pour les lier comme dans une toile d’araignée. Les 3 histoires ne sont d’ailleurs pas forcément des mythes fondateurs de Klokochazia, mais plus des hommages aux mythes fondateurs des différentes cultures de notre monde. Ce qui m’intéressait, c’était plus de développer les personnages, leurs caractères, les rapports entre eux, leur généalogie, avec en toile de fond une cosmogonie, ce que me permettait le « Lac aux Vélies ».

La boite à sorties : Donc, quand on parle d’une trilogie, on aura certainement une deuxième trilogie revenant sur ces mêmes mythes fondateurs ?

Nosfell : J’aimerais bien.

La boîte à sorties : Il y a une grande différence entre vos albums rocks où vous produisez des sons inouïs, aux sens propres et figurés, et les concerts du « Lac aux Vélies ». Dans « Le lac » vous êtes narrateur, mais vous vous fondez dans l’unité de l’orchestre ?

Nosfell : Le « Lac aux Vélies » propose une autre façon de faire des concerts, des disques, d’agencer des histoires. Pour moi le deuxième disque est plus narratif, en 3 parties. Voilà pourquoi il annonçait une « annexe ». Dans les deux premiers albums, on trouve un fil rouge qui lie les morceaux ; alors que le troisième album est plus éclaté et se défie d’une narration. C’est une liste de titres, treize, qui s’écoute comme une bonne liste de concert. C’était intéressant de voir la différence entre les titres rock des albums et le lac aux Vélies, qui est bien plus écrit.

La Boîte à sorties : Les projets semblent très différents, pourtant vous avez un public de connaisseurs, très pointu, qui malgré votre univers, n’hésite pas à vous suivre quoique vous fassiez. Il y a vraiment cette notion de fans qui se sentent privilégiés. Comment gérez-vous ce rapport à un public « d’initiés » ?

Nosfell : J’espère simplement. Nous, cela nous encourage à continuer à faire de la musique comme on le fait. C’est vrai qu’on a un rapport très intime avec beaucoup de personnes… très intime, toutes proportions gardées évidement (rires) mais…

La Boîte à sorties : Vous auriez tort de vous en priver… (rires)

Nosfell : Beaucoup de personnes nous suivent… On est vraiment à l’écoute de leurs sentiments, de leur ressenti. En même temps, cette générosité qu’ils nous donnent on essaie de leur rendre. Ce qui est très touchant, c’est que la majorité est à l’écoute des directions que l’on veut prendre. Il nous arrive de faire des concerts de musique très différentes. Le « Lac aux Vélies » est très écrit. Pierre a fait une partition, on la suit. Il peut y avoir des petits moments d’improvisation mais pas autant que lorsqu’on fait des concerts avec Phil Minton, par exemple, où l’on n’écrit rien et que du début à la fin on crie dans le métro… (…) dans le micro, et que ça doit donner quelque chose. Ce public-là vient aussi nous voir. Cette écoute est très précieuse.

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La boite à sorties : Vous avez peur d’être grand public ? Le rapport au « succès » c’est quelque chose que vous fuyez, que vous recherchez ? Ça viendra quand ça viendra ? Qu’en est-il ?

Pierre Le Bourgeois : La question ne se pose vraiment pas. C’est justement l’intérêt de ces gens qui nous suivent. Ils nous permettent de croire à ce qu’on cherche et de continuer. Ce public, on ne l’a jamais vu outré ou scandalisé…

Nosfell : Ça dépend… (rires)

Pierre Le Bourgeois : On a envie de pouvoir continuer à les surprendre. Pour nous on s’ennuie très vite. On espère avoir un public qui lui-aussi espère être bousculé, se faire surprendre. Après, de très grands artistes sont grands publics. Il ne vaut mieux pas le prendre en compte.

Nosfell
En tout cas, certainement pas dans la création, dans l’écriture. Paradoxalement, nous ne voulons pas faire autre chose que de la musique populaire, dans le sens où l’on aime les mélodies, on aime la chanson, même si on ne fait pas de la « chanson ». On n’est pas dans l’idée de faire de la musique que pour nous. Il y a un échange fort avec le public.

La Boite à Sorties : Vous avez des compositions très personnelles. C’est un univers. Est-ce que vous arrivez à sortir de votre univers ?

Nosfell : Ce personnage qu’on me prête, et que j’accepte parce qu’il fait partie de moi… n’est pas un personnage au sens littéral. Quand je suis sur scène je suis hyper timide, ça génère des attitudes. Je suis conscient de ce zozotement. Je ne l’exploite pas forcément. C’est un tic de timidité. J’aimerais beaucoup me sentir plus à l’aise, et en même temps on peut se poser la question : s’il est timide pourquoi s’expose-t-il ? La réponse c’est parce que j’en ai besoin. J’ai besoin de raconter ces histoires parce qu’elles font partie de mon équilibre. Ces chansons sont liées à ces histoires.

La Boîte à Sorties à Pierre Le Bourgeois :
Quand on parle de vous, on évoque le violoncelliste alors que pour faire le « Lac aux Vélies » il a fallu un véritable travail d’arrangement. Comment prenez vous cette dénomination de violoncelliste ?

Pierre Le Bourgeois :  Oui, un travail d’arrangement, d’écriture. En fait, j’ai commencé comme violoncelliste. Je considère mon travail par cet angle là aussi. Mais Je me sens de moins en moins violoncelliste et de plus en plus musicien. Nosfell aussi, chanteur, guitariste, auteur compositeur, caractérisé uniquement par son instrument… Ce n’est pas comme ça que l’on se voie. Si on a besoin d’un son de clavier, on va se débrouiller pour le trouver par nous-même. On aime bien chercher, bidouiller, et c’est des choses qui changent, parce qu’on grandit avec notre musique aussi.

Propos recueillis par Erwan Gabory

Mais qu’en est il du Lac aux Vélies, le conte accompagné du disque, publié chez Futuropolis ? La boîte à sorties s’est emparé du livre objet… à l’écoute depuis trois jours pour une meilleure critique…

Le Lac aux Vélies
Le Lac aux Vélies
Né dans la rue Graffiti à la Fondation Cartier
Ce soir au Rex club, Moritz Von Oswald Trio et Jeff Mills
Erwan

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