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Le nouvel album du chanteur Foé, « Paradis d’or » : 13 manières de dire l’amour

Le nouvel album du chanteur Foé, « Paradis d’or » : 13 manières de dire l’amour

08 octobre 2022 | PAR Jérémie Laurent-Kaysen

Ce samedi 8 octobre, le jeune chanteur Foé sort son deuxième album, Paradis d’or. Composé de treize morceaux, il nous raconte plusieurs expériences amoureuses, aux mille nuances.

Une voix grave et envoûtante… Son nom ne vous dit peut-être rien (pour le moment), mais vous vous rappelez probablement de la prestation du jeune chanteur Foé aux Victoires de la musique en 2019. Seul derrière le clavier de son piano, le visage juvénile et le regard sombre, il y avait interprété son puissant et ténébreux morceau Nuria. Une mise en scène épurée faite de jeux d’ombres et de flashs lumineux mais un ensorcellement total qui présageait un futur prometteur. Il revient aujourd’hui avec un nouvel album, Paradis d’or, et nous dévoile une nouvelle facette de son talent sans s’écarter de ses inspirations, doux mélange entre romans à l’eau de rose et parfums d’orient.

Candidat à l’émission Nouvelle Star en 2016, celui qui n’a pas été retenu aux auditions a été repéré par un label quelques mois plus tard sur Internet. Deux années sont passées et le Toulousain alors âgé de 20 ans sortait déjà son premier album, Îl, dont le titre très « Woodkidien », Mommy, avait tourné sur plusieurs radios françaises pendant quelques semaines. Dans des morceaux slamés, il y racontait ses déceptions amoureuses et ses premiers pas titubants dans la vie de jeune adulte.

Une histoire en trois actes

Foé est un conteur d’histoire. Avec sa voix de velours, grave et vibrante, il prend par la main ses auditeurs et les emmène dans son jardin secret, sans arborer la moindre pudeur. Dans chaque morceau, il ouvre son coeur et dévoile ses sentiments profonds à travers ses différentes expériences amoureuses : il lève le voile sur ses passions, ses désirs mais aussi sur ses angoisses et sa tristesse. Dans son morceau Lemonade, il nous présente une jeune fille qui le séduit grâce à son tempérament « doux et amer », lui rappelant le goût d’une citronnade. On suit avec lui le chemin sentimental qu’il a parcouru ces cinq dernières années sur des airs et des paroles qui ont gagné en densité et en maturité.

Dans ce nouvel album, Foé utilise surtout ses expériences pour raconter mille et une nuances de relations amoureuses. Il organise son disque en trois temps : celui du coup de foudre, puis du doute au sein du couple et enfin celui de la rupture. Chacun est marqué par un interlude qui arrive comme une respiration, une bouffée d’air frais. Avec Je brûle, qui ouvre l’album, il livre le récit d’un amour fou, enivrant qui envahit chaque pensée. Un piano et quelques instruments électroniques suffisent à habiller une mélodie dont les airs font penser à ceux du groupe Vidéoclub, professionnel dans l’art de raconter les sentiments amoureux. A l’inverse, dans son titre Paradis d’or, il explique son mal-être et ses démons. « C’est le bordel dans ma tête » répète-t-il à tue-tête dans le refrain. Enfin, avec C’était bien hier, il évoque la séparation d’un couple qui s’aime encore. Ce disque est comme un juke-box avec lequel chacun pourrait choisir le morceau de sa situation amoureuse et se laisser porter par la voix réconfortante du chanteur.

Un voyage onirique

Si le jeune Foé nous avait habitué à des morceaux slamés dans son précédent album, il nous montre cette fois-ci une voix puissante et mélodieuse, digne d’un chanteur basse. Les notes rétro de son timbre réveillent le souvenir de celles de chanteurs comme Nino Ferrer ou Richard Cocciante, dont il avait repris magistralement le célèbre titre Le Coup de soleil en 2018. Dans la chanson Commun, il réalise de véritables envolées vocales qui laisse paraître un vibrato serré. Le mystère Foé ne s’arrête pas là puisque le chanteur toulousain est capable d’atteindre des notes aiguës presque aussi facilement que les notes graves. Dans Une minute, il jongle entre ses deux timbres avec facilité et habilité.

Sans changer ses bonnes habitudes, Foé glisse dans ses morceaux des touches orientales, celles qui ont fait le succès de son titre Nuria. Sans parole, il laisse onduler sa voix souvent accompagnée simplement d’un piano. Dans Temps court, elle se mêle à une instrumentalisation électronique, pop et réinvente le caractère traditionnel des chansons raï (genre musical et poétique arabe).

Avec cet album, Foé renoue avec la variété française des années 80 et y ajoute une pincée de pop actuelle. Un mélange réussi à savourer en live, avec une tournée qui commence dès le mois d’octobre au Comedy Club de Paris.

Visuel (c) : Lise Cleo / Label Tôt ou Tard

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Jérémie Laurent-Kaysen
Après deux années de classe préparatoire en Lettres et une licence Humanités, lettres et sciences humaines, il réalise actuellement un Master de Journalisme Culturel à Paris X. Il est rédacteur pour Toute La Culture depuis novembre 2019.

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