Musique
La playlist sous la pluie (quoique)

La playlist sous la pluie (quoique)

11 mars 2019 | PAR Antoine Couder

Cette semaine, Yung baby Tate, Louis Arlette, Julia Jackin, Dream syndicate et le groupe Obscur.

Planète ténèbres — Le groupe Obscur

On suit sans réfléchir la recommandation des Inrocks qui cherchent une voie de sortie du LOL en consolidant son positionnement de «révélateur de talents». Ici des Rennais fans de Cocteau Twins qui louchent dangereusement sur Axel Bauer et Mylène Farmer. La chanteuse a encore quelques progrès à faire mais la production musicale est plus qu’intéressante au sens où elle pousse la variété française hors de la planète discoïde. Il était temps…

Black light — The Dream Syndicate

De ce badcave de variété, le lien semble parfait vers la musique psycho-éthéré qui nous ramène à peu de chose près à la même époque, ici côté du mouvement Paisley underground qui renouait avec le psychédélisme dans les années 80. Tempo glacial et hypnotique, jeu de guitare brillamment minimaliste, les Américains pourraient donner quelques leçons aux dilettantes anglais et, au premier chef, à Primal scream.

Pressure to party — Julia Jacklin

La petite révélation du moment. Entre Jessica Pratt et Angel Olsen, ce disque produit par Burke Reid, également aux manettes chez Courtney Barnette (n’en jetez plus) oscille entre profondeur intimiste et envolées sautillantes post-country rock comme ce «Pressure to party» qui se tient à l’intérieur du format classique, à l’inverse de ce que pourrait en faire un Wilko Johnson ou un Adam Granduciel (War on drugs) mais qui dans son étrange sobriété capte un groove du meilleur effet. Laissez-vous emporter.

Je suis un soir d’été — Louis Arlette

Inattendu, cette version electro-rock de la chanson de Jacques Brel, sarcastique et un peu désespéré dont Louis Arlette conserve ici toute la poésie charnelle, la colère rentrée. Scansion et imprécation façon Avicii tenues en laisse par la force du texte de Brel, le jeune chanteur s’affirme tout à fait capable d’emballer un large public. Sans doute la raison pourquoi ce soir d’été a été choisi comme single d’un album à paraître le 15 mars.

Pretty girl— Yung baby Tate (ft.Killumantii&Mulatto)

Évidemment on ne s’en rend pas compte tout de suite mais ce clip réalisé pour la journée internationale du 8 mars se veut féministe, Girl Power et habilité à piocher dans la pop culture (ici le programme Powerpuff Girls) pour donner des ailes aux jeunes auditrice et leur assurer (bring the feeling) que tout est possible : cash, domination sexuelle et bubble gum. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Au moins, Madame Tate invite ses parolières sur le devant de la scène. C’est toujours ça de pris à l’arrogance VIP.

visuel : YH

« Le cas Eduard Einstein », le nom du père sans partage
Evénement discographique : Œuvres complètes de Berlioz chez Warner Classics
Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il prépare actuellement une biographie de Jacques Higelin (Castor Astral, 2020)

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