Livres

Eléna et les joueuses, le retour de Lolita Pille

Eléna et les joueuses, le retour de Lolita Pille

15 avril 2019 | PAR Marine Stisi

Lolita Pille, l’actrice qui avait marqué les esprits aux débuts des années 2000 avec Hell, un roman impitoyable sur la jeunesse dorée parisienne, revient avec un tout nouveau roman, Eléna et les joueuses publié aux Editions Stock, plus de dix ans après la publication de son dernier roman.

Il y règne une saveur douce-amer de mélancolie, de mots qu’on ne prononce plus, du silence qui succède à l’orgie. Il aura fallu dix ans à la brillante Lolita Pille pour s’échapper, désormais plutôt sereine, de la carapace auto-forgée suite à la violence médiatique qui avait suivi la parution de son premier roman, écrit à 17 ans, Hell. Elle y contait la décadence d’une gamine bien trop riche, au coeur de ces quartiers parisiens où il ne se passe pas grand chose si on n’est pas invité à la bonne soirée, si on n’a pas la bonne adresse. Un roman terrible sur l’ennui, le passage à l’adulte, l’échelle sociale, la violence.

Quelques années plus tard était venu Bubble Gum, puis Crépuscule ville, en 2008. Aucun de ces deux livres n’avaient atteint le phénomène Hell, ce petit bouquin tout fin, un presque rien, qui débutait par ces quelques mots : « Je suis une pétasse », quatre mots qui lui avaient collé à la peau. L’erreur classique de confondre personne et personnage.

N’empêche que. La chute a été rude, se relever, compliqué. Mais la revoici, avec ce tout nouveau roman, un roman plus simple en apparence seulement, plus mature évidemment, publié aux Editions Stock. Dans Eléna et les joueuses, il est question de celle qui donne son nom au livre, Eléna, ancienne joueuse de tennis qui aurait pu devenir une grande joueuse et qui, au cours d’une journée comme une autre, va revenir sur son passé, retrouver le chemin, en biais, de Catherine Chèvreloup, son ancienne meilleure amie, presque une soeur, disparue de la circulation sans laisser un mot. De fil en aiguille, l’histoire se dessine, dans un Paris caniculaire, secouée par des violentes manifestations dans le nord parisien. Lolita Pille nous fait quitter les beaux quartiers pour Barbès et les alentours de la Gare du Nord. Authentique, poétique et tragique, aussi.

Eléna et les joueuses, Lolita Pille, Editions Stock, 256 pages, 19€.

Le déroutant et radical solo de Jacques Albert sur la destructivité humaine à Théâtre Ouvert
Un film de zombies en ouverture du 72e festival de Cannes
Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *