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Avec « Les Suppliciées du Rhône », Coline Gatel nous révèle les débuts de la police scientifique

Avec « Les Suppliciées du Rhône », Coline Gatel nous révèle les débuts de la police scientifique

28 mai 2021 | PAR Julia Wahl

Le premier roman de Coline Gatel, lauréat du Prix du Roman Préludes/Le Point/Kobo-Fnac, sort au Livre de Poche.

Mortels avortements

Nous sommes à Lyon, en 1897. Des jeunes filles sont retrouvées mortes, à chaque fois des suites d’un avortement clandestin qui s’est mal passé. Très mal passé : de toute évidence, on a forcé le destin, de façon à s’assurer de leur trépas. La police piétine. Forts de leur savoir naissant en médecine légale, deux jeunes étudiants – Félicien et Bernard – et une jeune journaliste, Irina, mènent l’enquête.

D’étranges enquêteurs

Ils analysent méthodiquement les cadavres, qui révèlent les stigmates de la courte vie des victimes : les mains fines d’une jeune bourgeoise, l’ossature déjà courbée d’une ouvrière soyeuse. Car, et c’est là l’un des éléments de suspens, les jeunes filles viennent d’horizons divers, reliées seulement par ces grossesses non désirées. Quant aux trois apprentis enquêteurs, ils font partie intégrante de l’intrigue : l’autrice adopte un point de vue externe qui nous empêche d’en savoir sur chacun plus que ce qu’il a bien voulu dire aux deux autres. Or, force est de le constater, les éléments d’autobiographie qu’ils partagent sont pour le moins lacunaires. Au point que l’on finit par se demander si leur implication dans ces meurtres ne va pas au-delà de ce désir d’enquêter…

Les débuts de la police scientifique

Si l’on peut regretter une écriture un peu académique et des personnages un rien stéréotypés – notamment le personnage d’Irina, au féminisme bien contemporain -, Coline Gatel parvient à maintenir ses lecteurs dans un entrelacs de fausses pistes tout au long du roman. Mais les qualités principales de ce polar historique se situent ailleurs : grâce à un soigneux travail de recherche historique, l’autrice nous plonge avec précision dans les méthodes des débuts de la police scientifique, entre relevés d’empreintes, portraits-robots et autopsies méticuleusement décrites. Une sorte de Patricia Cornwell de la Troisième République.

Visuel : couverture du livre © Le Livre de Poche

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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