
Impossible de grandir de Fatou Diome, l’éternelle jeunesse de celle qui a vécu sur plusieurs continents
L’auteure de “Kétala” (2006)et et “Celles qui attendent” (2012) est de retour avec un texte mutin, enjoué et plein de vie; Démarrant sur une situation de blocage psychologique, “Impossible de grandir” ouvre sur un dialogue fructueux et vibrant de légendes. En librairies le 20 mars.
Lorsque l’autoritaire Marie-Odile, une amie d’amie, intime l’ordre à la narratrice de venir diner chez elle “en famille” une angoisse phénoménale se met à monter en elle. S’ouvre alors un dialogue un peu insomniaque entre “la petite”, celle qui a grandi au Sénégal et la supposée “adulte” responsable qui vit désormais à Strasbourg. Un dialogue où remontent les anecdotes et souvenirs d’enfance, ainsi que des questions jamais résolues sur le sens de l’existence. Reste une question clé : la narratrice va-t-elle pouvoir se défiler de ce diner qui lui est pénible?
D’une vitalité et d’une richesse incomparables, le généreux texte de Fatou Diome prend à contrepied et avec humour, gourmandise et auto-dérision, une histoire d’identité scindée en deux chez une adorable petite incapable de grandir. Et c’est peut-être tant mieux, car coquette, vorace, fine et avec une mise à distance particulièrement efficace, cette petite fille nous capture dans des récits irrésistibles, 400 pages durant.
Fatou Diome, Impossible de grandir, Flammarion, 410 p., 21 euros. Sortie le 20 mars 2013.
“Le Sénégal, mater! Une boussole me désignera toujours le Sénégal, car, même jalouse de ma liberté enfin trouvée, je reviens, je pars et reviens, parce que Senghor n’a pas libéré que ses fils, mais aussi ses filles. Lui qui aimait et chantait la femme, serait d’accord avec moi pour dire qu’un pays, s’il n’accorde pas aux femmes la place qu’elles méritent, n’a pas de fils, mais des despotes. Le retour, toujours ! Parce que l’Afrique pourra sans cesse dévier ma navigation et m’attirer à elle, puisque toujours, j’irai réclamer le doux sein de ma grand-mère et me prosterner devant son cher et tendre époux, mon grand-père, mon protecteur.” p. 190.
Fatou Diome signera son livre au Salon du livre de Paris, dimanche 24 mars, de 15h00 à 16h00, sur le Stand N 77 des Éditions Flammarion.