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« Hollande le Bon » : Dominique de Saint-Honoré livre ses chroniques de l’Elysée

13 janvier 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Tout le monde pensait qu’avec l’élection du nouveau monarque républicain, qui devait être on ne peut plus « normal », la France basculerait dans une démocratie de type social-démocrate à la scandinave. Il allait de soi que Patrick Rambaud, qui avait publié cinq années de chronique du règne de Nicolas 1er, pourrait prendre un repos bien mérité et que le genre était épuisé. Et pourtant…

Malheureusement, Dominique de Saint-Honoré est obligé de reprendre du service…
Dominique de Saint-Honoré arpente les allées et l’antichambre de la nouvelle gouvernance. Il y observe avec une distance amusée l’éternelle comédie du pouvoir. L’ouvrage commence par l’éviction du marquis de Dray du fait du bon plaisir de madame de Tweetweiler.

Des intrigues de palais, des courtisans, qui se pavanent, un roi à la bonhommie légendaire : il en va ainsi de notre cour royale actuelle. Il met en lumière les manipulations et les coups au sein du gouvernement, mais également les incohérences de François Hollande et de ses ministres.

La sphère privée n’est pas épargnée
Des déconvenues de madame de Royale, surnommée « la mégère », pendant les législatives aux interventions inappropriés de madame de Tweetweiler, l’auteur décrypte les combats d’égo au sein du pouvoir français. Assurément, ils sont nombreux.

L’originalité de ce livre satirique réside dans le ton – impertinent – de l’auteur envers le nouveau président français. Parfois outrancier, l’auteur se présente comme un défenseur de François Hollande. Il dresse une chronique originale et drôle, s’inspirant tout à la fois d’événements publics et d’indiscrets glanés en coulisses, lieu privilégié des passions et des ambitions à l’œuvre autour du pouvoir.

L’ouvrage fourmille de jeu de mots et de situations insolites
Le ton est badin. C’est par exemple le cas, lorsque l’auteur entreprend de remémorer le discours d’intronisation du « débonnaire ». Celui-ci dressait un portrait de ses prédécesseurs à l’Elysée : après avoir évoqué les multiples qualités de notre ancien roi très fainéant, Jacques Chirac, le nouveau venu des monarques s’apprêtait à énumérer celles de Nicolas Ier. Pour rendre hommage ne serait-ce qu’une seule fois à « l’ancien potentat », « sans sourciller, notre matois nouveau roi lui (…) adressa des vœux pour la nouvelle vie qui s’ouvrait devant lui ».

Avec « Bertrand le petit », rappelle l’auteur, notre magnanime souverain organisa une deuxième cérémonie pour la grande et haute courtisanerie à l’Hôtel de Ville de Paris. L’un des passages les plus étonnants de ce charmant opuscule est le compte rendu de l’entretien du « débonnaire » avec « le grossier Mélenchon », durant lequel « l’ancien sénateur… était littéralement obsédé par la douairière du parti national ». A cette occasion, « il se permit de tutoyer notre monarque », ce que ce dernier ne goûta guère.

L’homme de cour, le courtisan
Cet ouvrage se lit bien, tout est écrit sur un ton décalé sans jamais tomber dans l’excès. Il ne faut pas, bien sûr, en chercher davantage. C’est un livre de divertissement. Nous ne sommes pas dans le remarquable ouvrage de Balthazar Gracian L’homme de cour, lequel propose un art de vivre à la cour, comme à la ville. Néanmoins, de toute cette présentation satirique de la France d’en haut sous « Hollande le bon », il ressort beaucoup de vanité…

Dominique de Saint-Honoré, Hollande le bon. Intrigues à la Cour, Éditions Jean-Claude Gawsewitch, janvier 2013, 270 p., 18,90 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

One thought on “« Hollande le Bon » : Dominique de Saint-Honoré livre ses chroniques de l’Elysée”

Commentaire(s)

  • Mr de Pourceaugnac

    J’ai lu cet étrange texte. Je suis entièrement d accord avec ce qui en a été dit, sauf que se dissimulent des indiscrets vraiment inédits qu’on a point encore lu ailleurs. En outre, on lit ça véritablement comme un histoire et non seulement comme une recension comique de l’actualité. La tonalité est uniforme tout au long, c est réussi en cela.

    janvier 15, 2013 at 19 h 12 min

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