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Grâce leur soit rendue de Lorette Nobécourt, deux générations entre Santiago, Barcelone et Rome

Grâce leur soit rendue de Lorette Nobécourt, deux générations entre Santiago, Barcelone et Rome

22 juillet 2011 | PAR Yaël Hirsch

L’auteure de « La Conversation » (Grasset, 1998) et « En nous la vie des morts » (Grasset, 2006) est de retour en cette rentre littéraire avec « Grâce leur soit rendue ». Une fresque plongeant dans la folie et slalomant entre les références littéraires, entre Santiago, Barcelone et Rome. Sortie le 7 septembre 2011 chez Grasset.

Unica et Roberto se rencontrent à Barcelone dans les années 1980 .Ils y vivent l’un et l’autre après avoir fui le Chili. Ils sont tous deux écrivains, elle la vingtaine à peine entamée, lui la trentaine déjà dépassée. Ils tombent follement amoureux et s’installent ensemble. Ils doivent faire face aux fantômes d’Unica, toujours aux confins de la folie à force d’être trop vivante pour cette vie là. L’arrivée de leur fils, Kola met une grande distance entre eux, et Roberto n’arrive pas à sauver Unica qui met fin à ses jours après un dernier voyage au Chili où elle revoit son père. Roberto est attiré par la psychiatre qui a tenté de sauver Unica, Alejandra. Il s’en rend compte le jour de l’enterrement mais n’est pas en mesure d’aller à sa rencontre avant d’avoir fait son deuil. Celui-ci passe par un voyage entre père et fils dans l’Himalaya. Alejandra adopte le jeune Kola, qui a hérité une très grande sensibilité de l’éducation de sa mère et garde les séquelles de l’accouchement difficile. Quelques années plus tard, à la mort de Roberto, Alejandra emmène Kola vivre à Rome, où celui-ci s’éprend de la fille de la meilleure amie d’Alejandra.

Réflexion très littéraire et très référentielle sur l’écriture, la vie et la folie « Grâce leur soit rendue » est un roman habité. Lorette Nobécourt engage la narration sur un flash back sur la vie d’Unica et Roberto avant de dépeindre la vie de Kola, aussi riche et difficile que l’a été celle de sa mère. Sensuelle, précise, et parfois mystique, la prose de Lorette Nobécourt est d’un sérieux et d’une profondeur qui feront vibrer les uns et laisseront les autres de marbre.

Lorette Nobécout, « Grâce leur soit rendue », Grasset, 450 p., 20 euros. Sortie le 7 septembre 2011.

« ‘Il y a deux sortes de relations, affirmait Unica, celle qui te fait grimper aux rideaux, et celle qui t’asseoit devant une toile cirée. C’est avec les toiles cirées qu’il faut faire des enfants. Nous nous sommes trompés Roberto, mais je ne voulais pas choisir, je voulais les deux!' » p. 191-192.

 

photo : P. Swirc

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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