Fictions
« Dakota Song » d’Ariane Bois : NYC, 1970, John Lennon…

« Dakota Song » d’Ariane Bois : NYC, 1970, John Lennon…

14 mai 2017 | PAR Marine Stisi

La reporter et critique littéraire Ariane Bois publie, aux Editions Belfond, son cinquième roman intitulé « Dakota Song ». L’auteure y raconte la vie complexe et fascinante, entre 1970 et 1980, d’un des plus mythiques immeubles new-yorkais, le Dakota, un bâtiment surprenant datant de 1880 et surplombant Central Park qui a accueilli, entre autres occupants célèbres, Rudolf Noureev, Lauren Bacall ou encore, John Lennon

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Only at the dakota !

1970. New York, ce n’est pas trop dire, est le centre du monde. Le centre du monde artistique, culturel, intellectuel, mondain. On y lit, on y danse, on se défonce comme nulle part ailleurs, on y fait l’amour pour oublier que de l’autre côté de la planète, le pays mène une guerre le long des côtes bleues du Pacifique. Patti Smith, Robert Mapplethorpe ou Andy Warhol y trainent leurs guibolles décomplexées et façonnent le nouveau monde d’une fumée de cigarette.

Au cœur de cette époque fascinante, à deux pas de Central Park, à l’angle de la 74ème rue, un bâtiment étonnant. Façade néogothique, un ovni parmi ses voisins. Un monde à part entière. Le Dakota. Shawn, un jeune noir qui a grandi à Harlem, en devient le portier, suite à une multitude de mésaventures toutes plus désolantes les unes que les autres. Un employé noir, ça ne s’est jamais vu au Dakota et Shawn en est conscient. Il connaît sa chance, il sait mieux que personne le traitement réservé aux noirs dans son pays. A l’heure où Angela Davis est encore emprisonnée, où des noirs meurent encore sous les coups de la police, Shawn savoure sa place avec discrétion et découvre l’univers étonnant du Dakota et de ses occupants.

Fictive ou bien réelle, Ariane Bois dépeint une société aisée, en dehors des réalités, protégée par les lourds murs de la bâtisse. De Nigel, homosexuel discret, amateur de littérature et professeur, futur écrivain à Abigail, fille au pedigree parfait qui refuse l’amour mais embrasse les excès, qui fréquente la Factory d’Andy Warhol, en passant par Becky, éditrice au cœur gros ou Cherie, provinciale mariée à un riche homme d’affaires qui donnerait tout pour faire partie de l’élite new-yorkaise… Les portraits sont précis, intimes. Puis, quelque part à l’abri des regards, il y a Rudolf Noureev, le prestigieux danseur russe, la comédienne Lauren Bacall, le compositeur Leonard Bernstein, et surtout, un beau matin, les habitants apprennent, et votent l’emménagement imminent d’une des plus grosses stars de la planète : John Lennon.

Un Beatle au Dakota

De 1970 à 1980, John Lennon, mythique leader des Beatles, interprète légendaire du tube Imagine, va poser ses valises avec son épouse, Yoko Ono, au Dakota. Ils y auront un fils, Sean. C’est aussi aux portes du bâtiment néogothique que, le 8 décembre 1980, Lennon va se faire assassiner froidement, laissant le monde en étant de choc et de deuil.

Entre-temps, dix ans de vie. Le bâtiment assiste aux aléas de la vie, aux va-et-vient de ses prestigieux habitants. L’amour, la mort, le déchirement, la douleur, la création, l’amitié. Dans son antre mystique, c’est comme si le monde s’était arrêté. New-York, pourtant, continue de changer, de bouillir… Mais c’est différent, au Dakota. Tout est différent, au Dakota. Un livre délicieux qu’on ne quitte que pour réécouter la discographie complète du Beatle.

Ariane Bois, Dakota Song, Editions Belfond, 448 pages, 20€.

Date de publication : 30 mars 2017

Visuel : © DR

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30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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