Essais
« Sous les bombes, nouvelle histoire de la guerre aérienne » de Richard Overy

« Sous les bombes, nouvelle histoire de la guerre aérienne » de Richard Overy

27 janvier 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Richard Overy, est professeur à l’université d’Exeter (Grande Bretagne), publie : » Une nouvelle histoire de la guerre aérienne ».

SOUS LES BOMBES

LA GUERRE DANS LES AIRS
Le premier à évoquer  la guerre aérienne, dans un roman, fut le britannique H. G. Wells, dès 1908 dans » la guerre dans les airs ».

LES CHIFFRES SONT AHURISSANTS
Les chiffres sont ahurissants : au cours de la Seconde Guerre mondiale, 600 000 civils européens trouvèrent la mort lors des bombardements alliés, et plus d’un million fut blessé.
La France paya un lourd tribut, des villes entières (même de taille modeste) furent dévastées sous les bombes alliées à l’instar de Lisieux, Vire, Le Havre, Caen, Rouen (la semaine rouge) et beaucoup d’autres villes et villages (Aulnay sur Odon, près de Caen il ne restait, plus que la flèche de l’église) subirent cette violence.
Les abords de Caen furent transformés en paysage lunaire, ce qui retarda la progression des troupes britanniques.

LA TERRE SEMBLAIT EN ÉRUPTION
Selon le mot d’un pilote de la RAF, la terre semblait en éruption (qui avait bombardé Caen).
La stratégie des différents raids (le Blitz, Hambourg, Dresde, Monte Cassino), est présentée.

LES BOMBARDEMENTS ÉTAIENT SOUMIS AUX IMPÉRATIFS POLITIQUES
Les bombardements étaient soumis aux impératifs politiques, et ne furent jamais un moyen de gagner la guerre.
Les aviateurs étaient sous pression maximum.
Les grandes heures de la défense passive, et le sort des populations civiles sont évoqués

MALHEUREUSEMENT LES BOMBARDEMENTS ÉCHOUÈRENT À DÉTRUIRE L’ÉCONOMIE ENNEMIE
Malheureusement, les bombardements échouèrent à détruire l’économie ennemie, plus encore à déprimer les populations civiles.
On parle maintenant de la stratégie du : Shock and Awe (choc et effroi) depuis les années 1990.
Ce constat d’échec se double de la question morale des frappes, contre les populations.
La destruction à l’aveugle, l’acharnement manifeste à tuer, doivent être signalés.
L’équipage qui bombardait, et les bombardés, étaient susceptibles, tous les deux d’être traumatisés.
Pendant longtemps, cette guerre aérienne ne fut pas étudiée, il n’y avait pas de censure, mais un point absent de l’histoire.
Il faut noter, que les bombardements donnèrent lieu, à une entraide, entre français, et à l’utilisation par la propagande de Vichy.
Dans la mémorialisation de l’après-guerre, Caen a eu le statut de ville martyre, et la création du mémorial de Caen se justifie pleinement, compte tenu de son passé.
Par contre dans la ville du Havre, la ville semble encore sous le choc (la table rase film de Christian Zarifian 1988), et ne semble pas avoir fait son deuil.
Cet ouvrage est impressionnant, par la forme (une importante documentation a été rassemblée et il n’y a jamais trop de preuves), et le fond.
Les bombardements sont utilisés, avec vigueur, dans les conflits modernes.
Quid des civils ?

Sous les bombes, nouvelle histoire de la guerre aérienne, Richard Overy, Édition Flammarion, septembre 2014,35 euros, 1115 pages.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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