Essais
« Les blessés psychiques de la Grande Guerre », de Louis Crocq

« Les blessés psychiques de la Grande Guerre », de Louis Crocq

13 octobre 2014 | PAR Jean-Paul Fourmont

Louis Crocq psychiatre des armées, professeur de psychologie à l’université Paris V publie un livre sur les blessés psychiques de la grande guerre.
[rating=4]

blessés psychiques de la grande guerre - odile jacobLES BLESSES PSYCHIQUES DE LA GRANDE GUERRE
Au lendemain de l’armistice du 11 novembre 1918, toute la France honora ses morts et glorifia ses héros.
Mais si les blessés physiques furent reconnus, soignés et pensionnés, qu’en fut il de ceux qui en avaient été » quittes pour la peur » ?
Qu’en fut il de ceux qui s’étaient trouvés ensevelis sous leur abri écrasé par les obus ennemis qui avaient assistés horrifiés au spectacle de leurs camarades déchiquetés par les shrapnells qui attendaient de monter à l’assaut alors que, derrière le parapet de la tranchée, ils voyaient ceux qui les devançaient s’écrouler un à un sous les tirs des mitrailleuses allemandes ?

LA DOUBLE PEINE
De ceux là, les blessures demeurèrent négligées, voire niées .
Une fois la paix revenue, chacun s’en retourna à ses occupations et à ses plaisirs, infligeant à ces blessés invisibles ce deuxième trauma qu’est l’indifférence.

LA RECONNAISSANCE RECENTE DES BLESSURES PSYCHIQUES
Ceux qui avaient subi un choc purement psychologique retournaient au front après un court repos.
Ils étaient suspectés de simuler.
On ne parlait pas de trouble psychique, mais du « vent du boulet ».
Ce n’est que le 10 janvier 1992 que fut reconnue la névrose traumatique de guerre.
Les américains durant la guerre du Viet Nam avaient reconnu la blessure « psychique » et ont créé un réseau « de vet centers »sur tout le territoire américain pour y faire face .
Les intempéries canicule, froid, pluie, boue, et bien sûr le feu, les lances flammes, et le gaz toxique, contribue à des agressions psychiques.
Malheureusement, il y eu des soldats condamnés à mort alors qu’ils étaient commotionnés.
Cet ouvrage est passionnant, et très enrichissant.
Comment ne pas penser au film, « les sentiers de la gloire »(ou encore au film « voyage au bout de l’enfer « ) de Stanley Kubrick qui fut interdit en France pendant 18 ans et qui montre le cynisme de certains généraux.
Il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.
Il est réconfortant que ce sujet soit traité par un psychiatre militaire, ce qui montre une évolution.
« Qu’est ce que ça peut faire les cauchemars qui remontent ? »
Siegfried Sassoon

Louis Crocq, Les blessés psychiques de la grande guerre, octobre 2014, éditions Odile Jacob, 189 pages, 21,90 euros.
Visuel : couverture du livre.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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