Essais
Jean-Jacques Marie, Staline. Mensonges et mirages

Jean-Jacques Marie, Staline. Mensonges et mirages

17 octobre 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Agrégé en lettres classiques et licencié en histoire, Jean-Jacques Marie est spécialiste de l’Union soviétique et du communisme. Il est l’auteur de trois biographies remarquées sur Khrouchtchev, Trotski et Staline (Fayard, 2001). L’historien approfondit sa connaissance des personnages avec ses derniers ouvrages Lénine. La révolution permanente et Le fils oublié de Trotski.

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Jean-Jacques Marie, Staline. Mensonges et miragesSTALINE, LE SYMBOLE DE LA GRANDEUR NATIONALE DE LA RUSSIE ?
Actuellement, Staline représente la grandeur nationale de la Russie. L’homme de fer renait aujourd’hui de ses cendres et les cercles nationalistes russes le glorifient dangereusement. A l’autre bout du continent, on crée même des clubs Staline.

Le Géorgien a fait son retour en force sous Poutine. De nombreux livres célèbrent sa gloire, surtout en ce qui concerne ses rapports avec les Nazis. Certains, comme Simon Sebag Montefiore, estiment « que c’est une personnalité exceptionnelle ».

C’EST LA FAUTE DES TROSKYTES…
Pour les Russes, explique Jean-Jacques Marie, si le président américain Georges Bush était si hostile à la la Russie, c’est parce qu’il était sous la coupe des… Trotskystes ! Dès que survenait un problème sur la scène internationale, c’était en raison des actions néfastes et souterraines des Trotskystes.

UN BESOIN POLITIQUE
A chaque moment de sa carrière et même après sa mort, l’image mobile de Staline exprima (et continue d’exprimer) un besoin politique. Chaque changement dans le traitement qu’il subit correspondit finalement à un besoin nouveau. C’est le 4 avril 1922 que Staline fut élu au comité central du parti communiste russe. Quatre ans plus tard, il entreprit la collectivisation et son culte s’étendit à toute l’URSS. Ce délire se propagea jusqu’ à sa mort en 1953, noyant le goulag et s’accompagnant des massacres d’ouvriers, de paysans, de communistes ainsi que des procès truqués, des famines (organisées) et de la déportation des peuples…

LE « VRAI » GUIDE
Salué en 1935 par Henri Barbusse comme « le vrai guide, le maître et le camarade, le frère paternel… », Staline gouverna la Russie par la terreur et par un despotisme totalitaire qui prit son nom. L’héritage est excessivement lourd, puisque par exemple aujourd’hui encore, dans aucun des pays issus de la chute de l’URSS, il n’existe de véritable parti politique. Le terrible Géorgien sema les graines de conflits « ethniques » (Tchétchénie notamment). L’arme essentielle de la lutte politique façon Staline était le dossier compromettant, i.e. le « compromat ». Cette funeste pratique existe toujours…

Le livre de Jean-Jacques Marie est une biographie très complète sur Staline, laquelle apporte quelque chose en plus en analysant finement le phénomène Staline. L’auteur explique pourquoi Staline revient à la mode sous Poutine. Il indique que l’éclatement de l’URSS était en germe dans la gestion de Staline. L’historien rappelle qu’à son décès tout le monde pleura, certains de joie et d’autres de tristesse.

Jean-Jacques Marie, Staline. Mensonges et mirages, éditions Autrement, février 2013, 288 p., 21 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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