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Le Fauve d’or décerné au roman graphique haletant de Marcello Quintanilha

Le Fauve d’or décerné au roman graphique haletant de Marcello Quintanilha

24 mars 2022 | PAR Lison Rabot

Ce samedi 19 mars, le jury du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême attribuait le prix du meilleur album de bd de l’année écoulée à l’ouvrage Ecoute, jolie Márcia de Marcello Quintanilha. Et pour cette 49e édition, le festival propose une sélection toujours plus diversifiée pour défendre les valeurs de l’Eco-Fauve-Raja.

Ecoute, jolie Marcia, l’hymne aux femmes 

Après le succès de son polar Tungstène en 2015, une bande dessinée en noir et blanc multi-récompensée et adaptée au cinéma par le réalisateur Heitor Dhalia, Marcello Quintanilha revient avec un récit tout aussi trépidant. Le dessinateur brésilien expérimente une nouvelle technique graphique et narrative qui rend d’autant plus palpable la force d’âme d’une tranche épaisse du Brésil profond, remué par la violence urbaine. 

L’héroïne, Márcia, est infirmière dans un hôpital de Rio et vit dans une favela avec son petit ami Aluisio et sa fille Jacqueline. Cette dernière, jeune adulte désinvolte, fréquente obstinément les membres de l’un des gangs du quartier et se rend complice d’affaires criminelles de haut vol. Márcia et Aluisio qui tentent de conscientiser la jeune femme, s’engagent en réalité dans un combat de longue haleine contre une armée d’ennemis redoutables. 

Fidèle à l’atmosphère truculente des récits de Marcello Quintanilha, Ecoute, jolie Marcia peint le tableau d’une classe populaire brésilienne marquée par la violence aussi bine que le portrait de femmes épatantes, forgées par l’entraide. Une colorisation numérique aux tons vifs et excentriques donne corps au récit comi-tragique pour recueillir toute la vitalité des sentiments de ces femmes en conflit.

« Ecoute, jolie Márcia », de Marcella Quintanilha, ÇÀ ET LÀ, 2021

Un palmarès qui tente de redorer l’image du Festival 

Suite à la démission des membres du jury présidé par François Olislaeger dénonçant l’entreprise partenaire de l’événement RAJA, une multinationale de l’emballage, le festival opte pour la valorisation de la diversité. Le FIBD, présidé alors par l’illustratrice, autrice et musicienne Fanny Michaëlis, prend l’initiative de mettre en valeur les éditeurs indépendants. À l’image du Fauve d’or, paru chez « Çà et Là », les principaux prix du palmarès sont attribués à des éditions indépendantes : 

Fauve prix spécial du jury : Des vivants de Raphaël Meltz, Louise Moaty et Simon Roussin aux éditions 2024 

Fauve de l’audace : Un visage familier de Michael DeForge aux éditions Atrabile

Fauve révélation : La Vie souterraine de Camille Lavaud Benito aux éditions Les Requins marteaux

Fauve polar : L’entaille d’Antoine Maillard aux éditions Cornélius

La seconde résolution du festival d’Angoulême fût de mettre en avant les femmes artistes. Après les accusations de sexisme portées contre l’édition 2016, dont la sélection était 100% masculine, le festival place trois femmes en lice pour la récompense du Grand Prix cette édition, les françaises Pénélope Bagieu et Catherine Meurisse et la canadienne Julie Doucet. C’est finalement la montréalaise et référence du neuvième art, qui a reçu le prix suprême, récompensant l’ensemble de son oeuvre. Véritable pionnière de la BD alternative, notamment grâce à son fanzine trash Dirty Plotte distribué en 1990, Julie Doucet offre un nouvel élan à l’écriture et aux dessins de femmes. « Je dédie ce prix à toutes les autrices du passé, du présent et du futur » déclare-t-elle.

visuel: © affiche officielle du FIBD 2022, réalisée par Fanny Mickaëlis.

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Lison Rabot

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