Cinema
Un dimanche de réflexion au Festival Premiers Plans

Un dimanche de réflexion au Festival Premiers Plans

28 janvier 2019 | PAR Yaël Hirsch

Tempête matinale : La fameuse douceur angevine n’était pas au rendez-vous météorologique de ce dimanche de Premiers Plans. Une journée où l’on a plus parlé de cinéma que vu des films avec une rencontre autour de la question de la musique, une interview de Casta Gavras par des lycéens de La Flèche et une lecture de scénario, marque de fabrique du Festival. 

Dès 10h30, nous traversons la Loire en direction de la leçon de musique : celle de Pierre Salvadori et Camille Bazbaz,  tandem qui travaille depuis 20 ans ensemble et nominé pour la première fois aux César cette année avec En liberté. L’animation était assurée par Benoît Basirico du magazine La 7e obsession. 

Le réalisateur et son compositeur travaillent ensemble depuis Comme elle respire (1998) qu’ils ont présenté la veille au public angevin. Mélomane mais pas trop branché classique, le réalisateur a vite bifurqué vers des propos sur le 7e art. « Je n’ai jamais été un cinéphile sophistiqué », dit Pierre Salvadori qui dit avoir commencé avec Lubitsch et commencé le cinéma par le goût des films et aussi, le fait de lire sur eux.

Alors qu’on attend  le nouvel album de Camille Bazbaz,  Manu Militari pour mars prochain, le compositeur s’est présenté comme autodidacte. Il a parlé de l’inspiration que lui procure le cinéma et fait beaucoup de blagues y compris sur le fait de détester le terme de « collaboration » pour parler de travail ensemble. « L’humour de Camille, sa poésie et sa liberté viennent consolider mes films « , a expliqué Pierre Salvadori, qui a aussi expliqué quel était son rôle entre le compositeur et le producteur du film.  Une session sympathique quoiqu’un peu générale. 

A 14h, dans le cosi salon VIP aménagé au Quai par Bouvet Ladubay nous avons eu la chance de voir Costa Gavras répondre aux questions des lycéens de La Flèche. Des questions précises et filmées sur son film Le couperet, où Costa a dit des choses très claires sur la question de la justice sociale et a parlé avec ferveur en defense du grand mouvement en cours vers l’égalité hommes-femmes. 

 

A 14h30,  nous avons pu entendre l’un des exercices de styles les plus caractéristiques de Premiers Plans : la lecture de scénario. C’est en trio que Guillaume Gouix aux côtés de Céline Sallette et de Alysson Paradis, proposait à voix haute un extrait son futur premier long métrage en tant que réalisateur d’Amore Mio. A priori austère, dans la pénombre avec trois voix parlant du haut du pupitre, la lecture a fait salle comble et a transporté la salle. Non seulement les actrices jouaient le jeu de réagir aux dialogues les plus crus mais, à un moment, Celine Salette s’est complètement emportée. Peut être plus que sur un plateau. En attendant, nous avons hâte de découvrir ce film aux personnages ciselés et au parler franc.

La journée et notre séjour à Angers se sont terminés avec la perspective de l’avant-première des Drapeaux de papier, présentés par son jeune réalisateur de 19 ans, Nathan Ambrosioni, avec Guillaume Gouix, Alysson Paradis et Noémie Merlant. La sortie est prévue pour le 13 février chez Rezo et notre critique de cet opus salué par Angers arrive très bientôt.

Premier plans continue encore toute la semaine et continuera à faire sale cible, jour après jour …
Visuels : YH

« Staline » d’Oleg Khlevniuk : Un petit père des peuples déboulonné
Raphaël Glucksmann, Les Enfants du vide. De l’impasse individualiste au réveil citoyen.
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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