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The Get Down: Douce plongée dans les seventies musicales avec Netflix

The Get Down: Douce plongée dans les seventies musicales avec Netflix

28 septembre 2016 | PAR Camille Bardin

Le 12 août dernier, Netflix a mis en ligne les six  premiers épisodes de sa nouvelle série The Get Down. Un focus sur la genèse du mouvement hip-hop à la fin des années 1970, alors que le Disco jouissait d’une scène mainstream qui lui était entièrement dédiée. The Get Down, c’est la promesse d’en prendre plein les yeux et les oreilles en plongeant avec délice dans les seventies musicales et l’excitante naissance d’une contre-culture.

1977 dans les rues de New York, le disco bat son plein et Thelma Huston est en tête du Top 50 pour son titre Don’t Leave Me This Way. Sur la scène underground commencent à émerger de jeunes DJs. Armés de leurs vinyles ils proposent des sons totalement inédits: des beats industriels sur lesquels peu à peu vont se placer les paroles saccadées des rappeurs des ghettos noirs et latinos New Yorkais. C’est dans cette ambiance rythmée qu’Ezekiel, et ses trois joyeux acolytes vont tenter de conquérir la scène d’un vieil immeuble désaffecté dans lequel sont organisés des battles entre groupes. 

Derrière la caméra, Baz Luhrmann conseillé par le mythique Grandmaster Flash est d’une grande justesse. Célèbre pour son film Moulin Rouge et Gatsby Le Magnifique, Baz Luhrmann revient avec une série au style étonnant, qui dépeint une nouvelle fois une époque réputée pour son effervescence créative. Mais cette fois Luhrmann innove: The Get Down est moins kitsch toujours aussi baroque et beaucoup plus fluide et réaliste. Les scènes de battles endiablées sont entrecoupées avec des images d’archives. Illustrations fidèles au Bronx des seventies entre émulation créative, misère financière et guerre des gangs. Le réalisateur s’est évertué à rendre authentique le moindre de leurs plans en faisant par exemple référence à la coupure d’électricité du 13 juillet 1977, ou aux incendies que déclenchaient les propriétaires des vieux immeubles pour toucher leur assurance.

Trouver le « Get Down », là est le rêve du groupe de Shaoling Fantastic, graffeur aux pumas rouges et fan de Bruce Lee. Trouver le passage secret de chaque disque où la musique s’endort avant de repartir, pour le faire se répéter à l’infini. Dans cette recherche, les tubs s’enchaînent, les morceaux sont tous plus bons l’un que les autres. Si bien que la délirante bande originale de la série a très vite atteint le statut d’album le plus téléchargé du mois d’août. Comme une parfaite métaphore du hip-hop, le flow narratif est rapide, les images s’enchaînent avec fluidité. Si les acteurs chantent, dansent et rappent, jamais Baz Luhrmann tombe dans la comédie musicale. Les scènes s’emboîtent parfaitement, sans niaiserie, pour une série sans fausses notes.

The Get Down s’impose avec sa petite sœur Stanger Things  comme LA série de la rentrée Netflix. Un succès espéré par le site de streaming qui a cassé sa tirelire pour cette série en déboursant la somme historique de 120 Millions de dollars.

Visuel: DR

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