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Interview avec Clémentine Poidatz, l’héroïne française de la série « Mars » sur National Geographic

Interview avec Clémentine Poidatz, l’héroïne française de la série « Mars » sur National Geographic

19 novembre 2016 | PAR Yaël Hirsch

La comédienne Française Clémentine Poidatz, que nous avions découverte aux côtés de Louis Garrel dans La Frontière de l’aube, en compétition à Cannes en 2008, fait partie du prestigieux casting international de la série Mars de Ron Howard, diffusé à partir de ce dimanche 20 novembre sur National Geographic (voire notre article). Impressions d’une autre planète par une actrice engagée.

mars

Comment avez-vous su que vous étiez choisie pour incarner le Dr Amélie Durand dans cette mission sur mars ?
Mars étant un projet américain, j’ai dû faire une self tape (audition qu’on fait de chez soi avec en général un/une amie qui vous filme qui est ensuite envoyée aux directeurs de casting en Angleterre ou aux usa ). En général les self tapes c’est un peu comme des bouteilles à la mer…. jusqu’à ce que ça marche… et Là ma self tape avait retenu l’attention. Ils m’ont alors demandé de venir à Londres rencontrer Everardo Gout le réalisateur et les producteurs pour faire des essais avec eux.
C’est Florence Charmasson qui s’occupe des projets internationaux au sein de mon agence qui m’a appelée pour m’annoncer que je partais sur Mars. Je me souviens avoir ressenti un bonheur immense, et une trouille monstrueuse aussi. Je voulais tellement ce rôle, j’avais énormément lu d’articles, regardé des vidéos sur l’espace, sur La vie des astronautes sur La Station internationale pour préparer mes essais. Je ne connaissais absolument rien à Mars, il fallait que je trouve un lien avec mon personnage, que je comprenne ses motivations qui m’étaient totalement étrangères. Et c’était un nouveau monde qui s’est ouvert à moi avant même que je n’obtienne le rôle. C’est quelque chose que j’adore dans notre métier: le fait de devoir plonger dans des univers qui nous sont totalement étrangers.

Qu’est-ce que cela fait de se projeter en 2033?
Déjà, ça donne un peu le tournis car en 2033 j’aurai quelques années de plus que maintenant. En même temps, 2033 c’est demain. C’est une projection très proche et en même temps nous sommes à une époque où nous avançons tellement vite technologiquement parlant que ça paraît être très proche et très loin.

Sur votre fil twitter vous donnez des leçons de nourriture et survie, avez-vous poussé aussi loin la recherche pour le rôle?
Nous avons dû pousser la recherche très loin. La série étant pour Nat Géo nous savions qu’il allait falloir être très précis, très « vrais ». Avant de commencer le tournage nous avons fait un « Space Boot Camp » avec une astronaute qui a 9 PHD, dr Mae Jemison. On devait lire des livres, nous avions des interrogations. C’était comme retourner à l’école. Nous avions tout à apprendre : comment les astronautes se parlent entre eux, les procédures d’urgence, comprendre comment se passe un atterrissage… Je pense que c’est à ce moment-là que nous avons créé notre équipe du Daedalus, nous avons tissé des liens très forts. Je les appelle « my Martian family ». On a vécu des moments de bonheur intenses, des moments difficiles, La fatigue ,La chaleur (plus de 56 degrés) , le manque d’oxygène… ça a été un vrai challenge, mais ça a toujours été beau car nous étions hyper soudés et passionnés par Mars.
On mangeait Mars, on formait Mars, on chantait Mars…

Vous êtes Présente au cinéma, à la scène mais aussi dans des séries françaises. Où avez vous tourné pour Mars, combien de temps et entre un épisode de séries comme dans des « Hommes de l’ombre » et « Mars » quelles sont les grandes différences d’un journée de tournage?
Nous avons commencé le tournage de Mars fin avril en studio à Budapest, puis nous sommes partis à Erfoud, aux portes du Sahara début juillet. Autant vous dire que nos tenues d’astronautes étaient des espèces de Hammam privatifs au milieu du désert. Ça a été vraiment très très difficile. Mais les paysages étaient tellement magnifiques….et on avait vraiment l’impression d’être sur Mars entre « action »et « coupez ».
Le rythme sur un tournage américain est beaucoup plus soutenu, il n’y a pas de pause déjeuner, on travaille entre 12 et 14 heures par jour, avec des heures supplémentaires parfois. Les premiers jours j’avais l’impression de tourner deux journées en une seule, ce qui est un peu le cas. Nous travaillions également le samedi.
L’autre particularité du tournage de Mars a été que les textes évoluaient énormément. Il n’était pas rare que je reçoive les nouveaux textes (et quelques fois des sacrées tartines de langage spatial et médical – je joue le médecin chirurgien de la mission) du jour pour le lendemain. Je n’ai pas beaucoup dormi pendant les 3 mois de tournage, Mais j’étais tellement heureuse. Je crois que j’aime bien les challenges, j’aime bien sortir de ma zone de confort.

Dans un très joli papier où vous expliquez votre personnage de la série Mars dans le Huffington Post vous dites « Nous avons besoin de grands rêves ». La conquête de Mars en reste ?
Oui, je pense que nous avons besoin de rêver, je pense que nous avons besoin d’idéaux, d’espoir… ma génération nous n’étions pas nés en 1969 lors de la mission Apollo, nous n’avons pas vécu d’événements mondiaux qui nous ont marqués à jamais, ou bien si nous en avons vécu, mais ce sont des événements absolument cruels…. j’ai grandi avec l’idée que ma génération allait connaître le chômage, et que l’amour pouvait tuer. Donc oui, j’ai envie d’assister à de grands événements, j’ai envie que mes petites nièces sachent qu’elles peuvent avoir de grands rêves, prendre leurs vies en main et décider de leurs futurs. La mission Apollo a créé une génération de chercheurs, de scientifiques, des rêveurs.
Mars va être très vite une réalité, elle l’est déjà. Ce qui était un rêve hier est en train de devenir une réalité. Puisque nous allons rendre un rêve possible, ça veut dire que nous pouvons tout faire, non?

Pouvez-vous nous parler un peu de vos projets sur terre après Mars ?
Je termine tout juste la tournée promotionnelle de Mars ainsi qu’une très jolie comédie pour Netflix réalisée par Myriam Aziza qui s’appelle « Simone Benloulou ». Mon tout premier rôle dans une comédie. J’ai eu l’impression de faire le grand écart entre Mars et Simone Benloulou. Et j’aime ça.

visuel : National Geographic

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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