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« Grace and Frankie » – larguées, pas désarçonnées

« Grace and Frankie » – larguées, pas désarçonnées

15 mai 2015 | PAR Jérôme Avenas

Netflix présente depuis le 8 mai une nouvelle série :  « Grace and Frankie ». À 70 ans passés, leurs maris les plaquent pour vivre ensemble leur homosexualité, deux femmes que tout oppose sont contraintes de cohabiter.

 

Le pitch est séduisant, même si le ressort narratif qui consiste à faire cohabiter deux personnes diamétralement opposées est des plus classique. Grace (Jane Fonda) est une WASP active et pragmatique, Frankie (Lily Tomlin) est une beatnik artiste et mystique. In medias res, c’est dans les cinq premières minutes du premier épisode que Sol (Sam Waterston) et Robert (Martin Sheen), associés et amants depuis vingt ans, quittent les malheureuses septuagénaires au restaurant, devant un plateau de fruits de mer. Dès lors, on suit les aventures des deux délaissées, leurs efforts pour se réinventer, pour refaire leur vie. Jane Fonda passe les cinq premiers épisodes à courir après son personnage, avec énergie, certes, mais hélas toujours à la traîne. Lily Tomlin, elle, a un sens inné de la comédie. Elle n’a pas besoin des quelques clichés imposés par le scénario pour incarner Frankie, sorte de Phœbe Buffay excentrique (elle a baptisé son fils adoptif « Coyote ») et illuminée (Marta Kauffman, co-créatrice de « Friends » est d’ailleurs du projet). Le nouveau couple de fiancés – ils attendent leur mariage avec impatience – peine à susciter de l’intérêt. Les rôles secondaires, les enfants de ce joyeux quatuor sont loin d’avoir le talent de leurs aînés, hélas.

Mais le tout est souvent drôle, divertissant, et flirt parfois avec la comédie-dramatique. On regardera la saison 2 avec plaisir, en espérant que les revendications de Jane Fonda et Lily Tomlin seront entendues d’ici-là. À l’occasion de la conférence de presse de lancement, les deux actrices ont fait connaître leur incompréhension : rôles principaux, elles touchent le même salaire que Sheen et Waterston, seconds rôles… mais masculins.

 

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Jérôme Avenas

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