Cinema
Mort de Wolfgang Petersen, réalisateur phare du genre blockbuster

Mort de Wolfgang Petersen, réalisateur phare du genre blockbuster

17 août 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Mort le 12 août, Wolfgang Petersen reste célèbre pour avoir signé un film culte très long en Allemagne (Le Bateau), puis une suite de blockbusters plus ou moins bons aux Etats-Unis.

Wolfgang Petersen est mort à 81 ans, d’un cancer. Depuis l’été 2006, son nom ne résonnait plus dans le champ du blockbuster américain. Il fut pourtant au cœur de ce genre via les films qu’il dirigea, en un temps.

Du Bateau à Poseidon

Wolfgang Petersen était né en Allemagne en 1941. Cette particularité le plaçait un peu sur le même plan qu’un autre réalisateur de productions à gros moyens américaines : Roland Emmerich, lui aussi allemand. A une période, les deux hommes se talonnèrent pour obtenir les plus gros scores au box-office mondial.

La France découvrit Petersen en 1978. Après deux longs-métrages de cinéma restés inédits dans les salles francophones, La Conséquence eut les honneurs d’une sortie. Ce drame sur la répression de l’homosexualité – interdit aux moins de seize ans à l’époque, bien absurdement on s’en doute – était joué par Jürgen Prochnow. Un homme qu’on retrouva en 1981 dans le film qui révéla Petersen dans le monde : Le Bateau, ou Das Boot en allemand. Une production monstre suivant les membre de l’équipage d’un sous-marin de l’armée nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, et leur existence dans cet habitacle clos sous l’eau. Un film qui sortit au cinéma dans les années 80 dans une version de deux heures et quelques, avant d’être, des décennies plus tard, montré dans sa version complète, durant presque cinq heures.

Ensuite vinrent les blockbusters réalisés aux Etats-Unis, pour Petersen. Un parcours de deux décennies dans ce genre, qui s’arrêta à l’été 2006 suite à l’échec de Poseidon, film catastrophe sur un bateau qui engrangea très, très peu de bénéfices au box-office international. Parmi les autres films qu’on serait en droit de négliger signés Wolfgang Petersen, on trouve En pleine tempête, autre film catastrophe avec bateau, qui sortit en France à l’été 2000 et reste assez médiocre, malgré ses faramineuses recettes mondiales : un aspect peu réussi que l’on imputera surtout à son interminable et mélodramatique exposition, qui en plus d’être longue demeure très peu originale. A ranger aussi dans cette catégorie, Air Force One, film d’action dans un avion qui fut généralement conspué par la critique, malgré de très bonnes entrées encore une fois. Harrison Ford y jouait le Président des Etats-Unis, pris en otage dans son avion présidentiel avec sa famille, et affrontant lui-même tous ses adversaires avec une maîtrise du combat que beaucoup trouvèrent ridicule.

Les polars, Troie, Enemy et L’Histoire sans fin

Comme souvent, dans la carrière de faiseur de blockbusters de Wolfgang Petersen, tout n’est pas à jeter. Troie, péplum sur la guerre autour de ladite ville sorti en France à l’aube de l’été 2004, se regarde plutôt avec plaisir : Eric Bana y brille dans le rôle d’Hector, certaines scènes font montre de bonnes idées, et si Agamemnon pâtit d’un Achille au caractère peint comme trop bon (Brad Pitt), celui qui le joue, l’immense Brian Cox, s’avère magnifique comme d’habitude. Alerte !, film catastrophe avec virus sorti en 1995, garde une réputation sympathique. Les deux films policiers Dans la ligne de mire (1993), avec Clint Eastwood, et Troubles (1991), sont reconnus de même comme valant une projection.

Surtout, les amateurs de grand spectacle retiennent de Wolfgang Petersen Enemy, film de science-fiction de 1985 où cosmonaute humain et extraterrestre se serrent les coudes sur une planète hostile. Un blockbuster qui rapporta peu au box-office mais reste aujourd’hui apprécié par beaucoup. Et bien évidemment, L’Histoire sans fin, film d’aventure fantastique sorti en France peu avant Noël 1984. Gros échec à son arrivée dans les salles mondiales, il devint progressivement culte. Le Mangeur de pierres, la petite Impératrice ou le valeureux guerrier Atreyu, tous suivis par le jeune Bastien au fil des pages d’un livre ancien en réalité magique, sont encore dans l’imaginaire de beaucoup.

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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