Cinema
L’étrange Festival : palmarès et dernière séance dérangeante

L’étrange Festival : palmarès et dernière séance dérangeante

15 septembre 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Dimanche soir, en guise de point d’orgue à cette XXIème édition de l’Etrange Festival, on a décidé, suite à la remise des prix, d’assister à la toute dernière séance : I am here, nouveau film d’Anders Morgenthaler, qui nous a entraînés, à la suite de Kim Basinger, dans un conte noir beau comme un cauchemar.

I am hereDimanche soir, au Forum des Images, l’Etrange Festival a remis son Grand Prix « Nouveau genre » à La Peau de Bax, nouveau film signé Alex van Warmerdam, que la chaîne Canal+ Cinéma achètera pour le diffuser à l’antenne, comme elle le fit pour les précédents lauréats (parmi lesquels on peut citer The voices ou le génial Buried). La critique de La Peau de Bax est à lire ici.

Appelé à voter à l’issue des projections durant une semaine et demie, le public, lui, a choisi de décerner son Prix à Moonwalkers, film britannique d’Antoine Bardou-Jacquet, dont vous pouvez retrouver la critique ici. Vingt-deux longs-métrages étaient en compétition pour ces récompenses. Les courts n’ont pas été oubliés : les américains Luke et Peter McCoubrey ont remporté le Grand Prix Canal+ pour The grey matter, tandis que les spectateurs, de leur côté, ont distingué Splintertime, film d’animation signé Rosto.

Plutôt que de se laisser happer par le délirant Baahubali : the beginning, grande aventure fantastique indienne projetée en clôture, on s’est aventuré dans la salle 300. A la découverte de la nouvelle œuvre imaginée par le danois Anders Morgenthaler, auteur de Princesse (2006), dessin animé pour adultes mêlant sexe, violence et tragédie. Grand bien nous en a pris : tourné avec une équipe américaine, I am here s’est révélé troublant et parfaitement maîtrisé.

Une atmosphère paisible et des lumières douces, tout à coup frappées par des séquences choc, nous ont accueillis. On a marché à la suite de Maria, femme à l’existence aisée, brutalement confrontée à un manque, insurmontable : un enfant. Incapable d’être enceinte sans se mettre en danger, envahie par une noire tristesse, elle s’engage dans la quête de l’objet de ses rêves. Qui la fera passer par une forêt remplie de criminels et de prostituées, à la suite d’un nain drogué…

A la fois très réaliste et totalement décalé, ce conte maléfique s’est révélé tenu et maîtrisé jusqu’au bout. On a goûté sa noirceur, rendue digeste par le rythme du récit, et la présence, dans le rôle de Maria, de Kim Basinger, enfin de retour dans un film de qualité, et toujours aussi charismatique et touchante. Un ovni idéal pour quitter les territoires de l’étrange avec un bon souvenir.

I am here, [rating=3]. Un film d’Anders Morgenthaler. Avec Kim Basinger, Jordan Prentice, Sebastian Schipper, Anouk Wagener. Drame fantastique, Etats-Unis/Danemark. Durée : 1h30.

Visuel : © Christian Geisnaes

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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