Cinema
Le Mobile Film Festival : se faire la main sur la technique

Le Mobile Film Festival : se faire la main sur la technique

13 février 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Tourner, avec un téléphone portable, une vidéo d’une minute, qui constitue, au final, un film. C’est le pari posé par le Mobile Film Festival, auquel tout le monde peut participer. L’occasion en tout cas, pour les cinéastes en herbe, de s’exercer sur le volet technique du travail.

Mobile Film FestivalLe palmarès du Mobile Film Festival, organisé à Paris depuis 2005, a été connu mardi. Pour ceux qui désiraient concourir, le règlement de la manifestation, visible sur Internet, stipulait, de façon intéressante, qu’il fallait présenter une « vidéo » d’une minute. Une vidéo, comme il y en a à foison sur Internet de nos jours. Sauf que celle-ci devait constituer un film. Sacrée contrainte.

Un jury de professionnels, présidé par Jean-Pierre Jeunet et réuni au cinéma l’Arlequin (Paris 6ème) a visionné 50 films sélectionnés –sur 710 reçus- et a décerné plusieurs prix. Dont un prix du meilleur acteur, de la meilleure actrice, du meilleur scénario…

Intéressant, encore : Internet oblige, les films peuvent à présent être vus en toute liberté sur la toile. Que remarque-t-on ? Les prix précédemment cités ne convainquent pas totalement… Très difficile de produire une performance d’acteur marquante sur une seule minute. Pas plus qu’un scénario consistant et original : les films les plus appréciés, lors du festival, reposent plus sur une idée qu’un vrai scénario…

En revanche, sur le plan de la technique, la contrainte constituée par le temps a un réel intérêt, qui peut être double. D’une part, elle fait découvrir que la réalisation d’un vrai film, qui raconte quelque chose, et ne soit pas une simple vidéo amateur, n’est pas aisée, que de nombreux facteurs sont à prendre en compte et à soigner. D’autre part, elle sert d’entraînement pour le montage, le découpage, l’art de suggérer et d’amener une ambiance.

Regardez les deux vidéos qui suivent. Prix du meilleur film mobile en 2014 pour l’un, en 2013 pour l’autre. Trop courts pour imposer une interprétation ou un scénario originaux et percutants… Mais ils contiennent des qualités techniques indéniables et parfois, savent faire surgir une atmosphère (dans le cas de Cercle vicieux, regardez-le plusieurs fois).

Pour ces gagnants, une Bourse BNP Paribas de 15000 euros, accompagnée d’une aide à la réalisation d’un court-métrage –Guillaume Renusson, lauréat 2013, a depuis tourné Après les cours, court avec Ernst Umhauer et Bastien Ughetto– sont attribuées. Stimulant, non ? Lancez-vous, et tournez donc une vidéo. Mais attention, une vidéo qui soit aussi un vrai film d’une minute.

Visuel: © affiche Mobile Film Festival

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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