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L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet : Jean-Pierre Jeunet nous fait retomber en enfance

L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet : Jean-Pierre Jeunet nous fait retomber en enfance

11 octobre 2013 | PAR Yaël Hirsch

Dans son adaptation 3D du roman de Reif Larsen, le réalisateur de « La Cité des enfants perdus » et d' »Amélie Poulain » garde son sens du mélange du grinçant et du naïf. Son tournant américain fait de l’œil à la fois aux grands espaces du « Yes we can » et au décalé mécanique de Wes Andersen. Une réussite visuelle absolue.

[rating=4]

TS Spivet vit au milieu d’une nature luxuriante dans un joyeux ranch du Montana, nerd sympathique qui évolue entre une mère spécialiste des insectes (Helena Bonham-Carter), un père cow-boy (Callum Keith Rennie), une sœur en crise d’adolescence (Niamh Wilson) et un frère jumeau grand gaillard pas intellectuel pour deux sous, mais très doué dans tout ce qui est sport et activités physiques (Jakob Davies). Un jour, un accident terrible se produit. La culpabilité pousse le jeune TS hors de son foyer : alors qu’il a inventé une machine qui permet un mouvement perpétuel, à l’aide d’aimants, il se fait passer pour un adulte et traverse le continent pour aller recevoir le très prestigieux prix Baird du Musée Smithsonian de Washington…

Luxuriant et magnifique visuellement, L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet est un film qui met vraiment en valeur la 3D. Porté par un jeune acteur tout à fait talentueux, le film repose avant tout sur son ambiance, ses décors et ses personnages décalés. Avec son intrigue simple et une caméra qui embrasse une grande partie du territoire américain, Jeunet cligne de l’oeil du côté de Wes Anderson mais n’oublie pas ses fondamentaux : une certaine nostalgie un peu glauque qui marine même dans la tête des enfants et un merveilleux qui porte le visage à la fois bourru et effrayant de l’inévitable et toujours aussi formidable Dominique Pinon. En maman endeuillée, féministe et briseuse de Toasters, Helena Bonham Carter fait chaud au coeur; quand au ranch et à l’éthique de Cow-Boy qu’incarnent Callum Keith Rennie, on aimerait s’y glisser, comme dans l’ombre portée du grand John Wayne. Un film aux couleurs et aux thèmes chauds, susceptible de faire rêver et d’effrayer à la fois, petits et grands.

L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet, de Jean-Pierre Jeunet, avec Helena Bonham-Carter, Callum Keith Rennie, Judy Davis et Dominique Pinon, France/USA, 2013, 1h45, Sortie le 16 octobre 2013.

visuels (c) EPITHETE FILMS – TAPIOCA FILMS – FILMARTO – GAUMONT – FRANCE 2 CINEMA

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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