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Le 37e festival du Film Américain de Deauville s’ouvre sur un hommage aux victimes du 11 septembre 2001

Le 37e festival du Film Américain de Deauville s’ouvre sur un hommage aux victimes du 11 septembre 2001

02 septembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

La 37e édition du Festival du Film Américain de Deauville s’est ouverte ce vendredi 2 septembre 2011 sous un soleil brillant et dans l’enceinte du majestueux CID. Cette édition 2011 a commencé par un sobre et poignant « in memoriam » aux victimes du 11 septembre 201 et s’est poursuivie par l’avant-première de « La couleur des sentiments » (« Help »), en présence de l’équipe du film. Invité d’honneur cet année, Francis Ford Coppola était bien présent, pour la plus grande joie de tous les festivaliers. Toutelaculture.com suit pour vous l’ensemble du festival et vous livre ses impressions.

18h, aux portes de l’imposant CID, les tapis rouges sont déjà déroulés et tout Deauville est paré de drapeaux américains. le foule se presse déjà pour voir les stars de Hollywood et les notables locaux. Puis, lentement, les comédiens et les réalisateurs font leur entrée, interceptés sur le parvis du cinéma par les équipes du Festival qui recueillent leur premières impressions. Élégant et modeste, Francis Ford Coppola est acclamé lors de son passage sur le tapis. De même que l’équipe du film à l’honneur ce soir : « La couleur des sentiments ». On voit également Bill Murray qui fait le pitre avec plaisir. Côté femmes Kate Bosworth remporte le prix de l’élégance, tout de suite suivie par les femmes du jury révélation qui est présidé cette année par Samuel Benchetrit : Leila Hatami (Une séparation), Elisa Sednaoui (Bus Palladium) et Sabrina Ouazani (La graine et le mulet). Parmi les VIP, l’on croise également des personnalités françaises habituées du festival : Patrick Poivre d’Arvor, Laurent Gerra etc… La longue procession se termine par l’entrée en lice des jurés de la compétition officielle : Nathalie Baye, Chiara Mastroianni, Claire Denis, Bruno Todeschini,  l’écrivain Jean Rolin, le chorégraphe Angelin Preljocaj, et le président, Olivier Assayas.

 

Discours croisés : le Maire de Deauville et l'ambassadeur des Etats-Unis en France

Vers 19h15, tous les festivaliers sont installés; la 37e édition s’ouvre par une image sobre et forte : « 11 septembre 2001, le festival de Deauville n’oubliera jamais ». S’ensuit l’entrée commune du maire de Deauville, Philippe Augier, et de l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Rivkin. Tout en élégance, le maire rappelle les liens forts qui existent entre les États-Unis et la France e mentionne la mémoire du 11 septembre. Tout sourire, visiblement réellement ravi d’être là pour la troisième année consécutive, son excellence Rivkin a livré un discours érudit en Français sur l’importance sociale, politique et onirique du Cinéma.

 

 

 

Francis Coppola invité d'honneur

Enfin, le co-fondateur du festival, Lionel Chouchan a accueilli avec une joie non dissimulée Francis Ford Coppola sur la scène. Si ce dernier a déjà dit un mot autour de Georges Lucas auquel le festival a rendu hommage en 2004, cette fois-ci il a accepté d’être présent e tant qu’invité d’honneur pendant toute la durée du festival. Minimaliste, le réalisateur du Parrain a déclaré le festival ouvert et un petit film a montré une sélection d’images de ses plus grands films.

 

 

Montée des marches de l'équipe de la couleur des sentiments

Vers 20h10, l’équipe de « la Couleur des sentiments » est montée sur scène pour quelques mots d’introduction au film. Tiré du bestseller de Kathryn Stockett, présente ce soir à Deauville, ce long métrage réalisé par Tate Taylor retrace la vie en noir et blanc d’une petite ville du Mississipi. Vêtues en couleurs fortes, les comédiennes du film étaient ravies d’être à Deauville et ont commenté le succès phénoménale et inattendu du film aux États-Unis cet été.

 

En près de 2h30, « La couleur des sentiments » retrace la vie de plusieurs femmes blanches à Jacksonville au début des années 1950. Elles-mêmes élevées par des nourrices noires parce que leurs mères sont trop occupées, elle reproduisent les lois de la ségrégation une fois parvenues à l’âge adulte qui se déclare toujours au moment du mariage. Seule l’intello du groupe, Eugenia « Skeeter » fraîchement diplômée de l’université et aspirante journaliste, prend fait et cause pour les servantes noires. Constatant le renvoi par sa mère de celle qui l’a élevée et écœurée par le projet « sanitaire » d’une amie de construire des toilettes spéciales pour le personnel noir dans les maisons huppées de la ville, « Skeeter » se met à interviewer secrètement certaines de ces nounous et cuisinières obligées de mettre leur propres enfants en pension pour élever ceux de leurs maîtresses. Avec l’aide d’une journaliste de New-York, son objectif est de faire entendre « une autre perspective » : celle de ceux qui sont aliénés, exploités et séparés.
Malgré ses jolies images, son rythme inaugural parfaitement balancé, et surtout ses comédiennes de talent dont la jeune première à suivre, Emma Stone et l’énergique Octavia Spencer, le film s’enfonce peu à peu dans la répétition de clichés politiquement correct. A tel point que la naïveté bonhomme du début devient vraiment dérangeante au fur et à mesure que les personnages se sclérosent en archétypes qui redoublent les ségrégations de l’époque. Ce qui avait commencé comme un « vrai » film se transforme peu à peu en épisode didactique et moralisant. Dommage!

Rendez-vous demain pour de nouvelles aventures deauvillaises, notamment, la projection de « Drive » de Nicolas Winding Refn, et quelques épisodes d’une nouvelle série qui s’annonce à succès : les Borgia.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

One thought on “Le 37e festival du Film Américain de Deauville s’ouvre sur un hommage aux victimes du 11 septembre 2001”

Commentaire(s)

  • coline crance

    je pense que drive, va etre pas mal du tout du tout, bien violent et bien noir, tu me diras ?

    septembre 3, 2011 at 9 h 20 min

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