Cinema
La mémoire dans la chair : un scénario pertinent miné par la lenteur du récit

La mémoire dans la chair : un scénario pertinent miné par la lenteur du récit

11 janvier 2012 | PAR Elodie Rustant

Extremadura, Espagne, 1975. Les médias viennent d’annoncer la mort de Franco. Tomás, exilé en France depuis 15 ans, revient au pays enterrer son père militant républicain mort en prison.

C’est une Espagne meurtrie que le jeune homme vacillant va découvrir. Meurtrie et incapable d’affronter la terrible vérité qu’est la sienne.
Dans une atmosphère écrasante de culpabilité et de moiteur, Tomás se retrouve vite confronté à ses vieux démons. Une mère isolée dans le domaine familial persécutée car femme de rouge, un commissaire de la Brigade politico-sociale, ombre glaçante des années de fascisme que vient de subir le pays, la fille d’un ami de son père, trop séduisante pour être honnête.

La construction morcelée du film tente de reconstituer les méandres de l’esprit du jeune exilé. Entre honte et honneur, Tomás s’efforce de s’imposer dans cette Espagne qui l’aspire et le rejette. Tout comme Nieves l’ensorcelante jeune fille brune, métaphore de ce pays à la fois cruel et attachant.

Malgré l’intelligence du scénario et la justesse de l’acteur principal Sergio Peris-Mencheta, le film patine, comme incapable de dépasser la propre lourdeur de son récit. Certaines scènes tirant en longueur égarent le spectateur en chemin.

La torpeur de cette Espagne coupable finit par nous saisir à notre tour. La photographie superbe ne suffit plus à témoigner des errances du héros qui s’embourbe peu à peu dans les terres pourtant arides d’Extremadura.

En salles le 15 février 2012

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Elodie Rustant

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