Cinema

Festival du film israélien de Paris, soir 1 : Le policier et The Slut

29 mars 2012 | PAR Yaël Hirsch

Comme vous nous l’avions annoncé notre partenaire investit à nouveau le Cinéma des Cinéastes du 28 mars au 3 avril pour une semaines de découvertes cinématographiques israéliennes. Alors que le vernissage VIP était hier soir (le 27 mars), cette première soirée du Festival du film israélien 2012 a repris le film et son réalisateur vedette de la veille : Le Policier. Cette projection a été suivie d’un film étonnant et formellement sublime  » The Slut » De la troublante Hagar Ben Asher. Petit rapport et grandes critiques.

Bi-partite, d’une beauté froide et ressuscitant à la fois la violence de la lutte des classes et une utopie révolutionnaire proche de celle des « Justes » de  Camus, « Le Policier » frappe, mais de guingois. Ceux qui adorent sans retenue voient dans « Le policier » une critique fondamentale de la société israélienne et une sorte de vision de Cassandre des évènements de l’été dernier. Une lecture de gauche très critique, donc, qui n’était pas au cœur des questions posées au jeune, brillant et charismatique réalisateur du film.

Pour lire la critique du policier, c’est ici.

Le Policier de Nadav Lapid avec Yiftach Klein, Yaara Pelzig, Michaël Mushonov, Shaoul Mizrah, Israël, 2012, 107 min.

A 22h15, le festival a programmé le film courageux et poétique de Hagar Ben-Asher, « The Slut ». présenté à Cannes en 2011 à la semaine de la critique, ce film israélo-allemand  met en scène Tamar,  une mère de famille nymphomane (intèreprétée par la réalisatrice elle-même) et qui va avec tous les hommes du petit village où elle produit et vend des oeufs. Jusqu’au jour où un ancien du pays, vétérinaire talentueux, revient habiter près de Tamar et ses deux filles. Un amour naît, mais Tamar saura-t-elle dire non aux autres hommes ?

D’une lenteur lancinante, ce portrait d’une femme libre prend très souvent la forme panoramique d’un grand paysage peuplé d’animaux,  de rivières grises, de fenêtres sur route champêtre, de vélos aux pneus crevés et de grandes jupes mal boutonnées sur le jupon de l’héroïne. Chaque plan est pensé au millimètre et même ceux et celles que le scénario n’inspirent pas devraient voir le film, qui sort le 6 juin prochain chez zootrope, juste pour la leçon de cinéma. Et, doit-on ajouter,aussi pour  la volupté des deux scènes de sexe amoureux, d’une douceur qu’on n’avait pas  vu depuis « In the Cut » de Jane Campion.

The Slut, de Hagar Ben Asher, avec Hagar Ben Asher, Ishai Golan, Icho Avital, Yoav Levi, Allemagne, Israël, 2011, 1h28.

Photo : Nadav Lapid lors du dbat hier soir (c) Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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