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Art Paris Art Fair : le Grand Palais s’ouvre sur le design

Art Paris Art Fair : le Grand Palais s’ouvre sur le design

28 mars 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

En ce mercredi 28 mars, la plus grande des galeries vernissait avec à ses commandes, l’ancien directeur de Paris-Photo, Guillaume Piens. Du 29 mars au 1er avril, Art Paris n’est plus « Just Art » mais devient « Art Paris Art Fair », avec une dimension internationale et résolument plus éclectique.

Sous la belle verrière du Grand Palais, qui engrangeait la chaleur de l’été précoce,  120 galeries venues de 15 pays (dont plus de la moitié sont nouvelles et 40 % étrangères) présentaient leurs artistes. Parmi les nouveautés : la mise en place d’un parcours VIP « A Paris au Printemps », un programme de conférences et de nouveaux secteurs, « Séries Limitées » dédié au Design de création contemporain, ainsi que « Grands Formats »: une présentation d’une dizaine de pièces monumentales (décevantes) au sein du Grand Palais.

La nouvelle place offerte au design conforte le statut que prend la discipline dans l’art contemporain. Pilotée par Bénédicte Colpin, experte en design et intitulée « Séries Limitées », cette section réunit une sélection pointue de six galeries : Patrick Brillet, Pierre-Alain Challier, Domeau & Pérès, Galerie Matignon, Galerie Slott et White Moon Gallery. Celles-ci présentent des pièces exclusives réalisées en mode confidentiel par des talents contemporains. Selon Bénédicte Colpin : « Intégrer le design contemporain au cœur d’une foire d’art moderne et contemporain est l’occasion de mettre en lumière les acteurs incontournables de ce secteur. Un parti-pris culturel, une envie de déployer un univers où messages, innovations et processus de création interrogent la culture de l’objet. Un regard porté sur le contemporain exclusivement et la créativité des galeries qui déploient leur talent pour matérialiser les aspirations des designers, défricher leur créativité et révéler les personnalités. Pièces uniques et séries (très) limitées dialoguent autour du sur-mesure, des propositions axées sur la singularité et l’avant-garde. »

Voici notre palmarès des galeries :

La plus exotique : le stand F7

Une plongée dans la pensée aborigène dans un salon d’art contemporain ? Il fallait oser, ils l’ont fait. Eux,ce sont les personnes gérant la galerie »Arts d’Australie« . Depuis 1996, Stéphane Jacob s’attache avec passion à développer la promotion et la vente de peintures, d’objets d’art et de sculptures d’artistes australiens – aborigènes et occidentaux. On y voit le travail au bâtonnet de deux femmes, l’une, Kathleen Petyarre et sa petite fille Abie Loy Kemarre. Chaque œuvre offre un océan d’interprétation sur le « rêve », ce territoire où les lignes viennent dire les origines animales et végétales de l’artiste.

Le plus trendy : le stand G3

Filles vêtues de robes faites par l’une d’entre elles pour l’occasion, esprit vintage, tissus épais et grosse ceinture, la galerie Slott se distingue dès le premier coup d’œil. Le slott produit et représente des artistes plasticiens et des designers contemporains qu’elle montre dans des expositions monographiques et de groupe. Ici on découvrira un confessionnal pour psychanalyse de Ariq Levy, un tapis envahi par des souris en tissus tout fait main ou encore les poufs ultra confort d’Andrea Knecht qui offrent un décalage entre ce que l’on voit et ce que l’on touche.

La plus  photo : le stand E19

La nouvelle direction donne à la photographie une très belle place. C’est avec joie que l’on retrouve la galerie Fabbrica Eos qui nous avait séduit à Cutlog. Giuseppe Mastromatteo et Rosfer & Shaokun exposent ici des grands formats sur fond blanc, tous ces artistes offrent une image travaillant sur les questions identitaires.

La plus politique : le stand B5

Dans un pays où l’on voile les femme. Halim Al Karim choisit de déserter l’armée et de plutôt voiler les modèles, à moins que ce ne soit l’objectif, ou un tissu de soie posé sur la toile ? Cela dépend de l’humeur du jour. Ce que cela donne ? Un flou forcement artistique. Des mères qui pleurent, des soldats qui fuient, dans une fureur et une pudeur mêlées qui donnent à ces œuvres très belles un suplpément d’âme immédiat. Cela se passe à la Galerie Imane Farès.

 

La plus sexy : le stand D12

La galerie  Esther Woerdehoff nous emmène dans le boudoir de Elen Usdin. Le stand est tapissé comme dans un décor pour pin-up. Une porte nous donne l’occasion de jouer les voyeurs, on regarde dans l’œil de bœuf et des nus ( sages) se donnent à voir. Nous sommes dans un hôtel, le lobby donne sur les montagnes de Michael Schnabel et les paysages magiques d’Ursula Kraft, ensuite nous accédons à la chambre agréablement chargée en tapisserie. Drôle d’ambiance que de trouver un cocon dans un salon.

 

Malgré ces sérieux coups de cœur, on regrette une sensation de déjà vu. Même s’ il est toujours plaisant de croiser Calder, Combas ou Dufy au détour des murs de célèbres galeries, d’un salon, on demande plus d’exigence. On aurait aimé retrouver l’esprit de  la Slick où les pièces emplies d’émotions avaient envahi l’espace.

 

Visuels : Autorisation 2e Bureau.

– Vue du salon (c) Amélie Blaustein Niddam

-Kathleen Petyarre Galerie Arts d’Australie • Mountain Devil Lizard Dreaming 2009 167,5 x 214 cm Acrylique sur toile Arts d’Australie • (c) Stéphane Jacob

-Arik Levy (c) Galerie Slott-Contemporary Domestic Confessional,2010,H 210 x W 86 x D 87 cm-Confessional in two parts, left and right: black enamelled MDF (Medium Density Fibreboard), matte chestnut finish, feather cushion, felt cloth

-(c)Giuseppe Mastromatteo-Fabbrica Eos_Indepensense,2012,cm. 215 x 150,Giclée print

-(c) Halim Al Karim-Galerie Imane Farès,SCHIZOPHRENIA 7,1987,180 X 130 cm,Photographie, tirage lambda

-Elene Usdin, Moi en Juliette,2011,100 cm x 66 cm,tirage numérique monté sur aluminium © Elene Usdin, Courtesy Galerie Esther Woerdehoff

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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