Cinema
[Entrevues, jour 6] Arrivée passionnante au 30e Festival du Film de Belfort

[Entrevues, jour 6] Arrivée passionnante au 30e Festival du Film de Belfort

04 décembre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Alors que Entrevues souffle ses trente bougies officielles cette année 2015 (lire notre interview de la directrice artistique du Festival, Lili Hinstin), Toute La Culture est à Belfort pour célébrer cet anniversaire. Arriver au Festival en milieu de parcours ainsi, c’est entrer directement dans un bain de cinéphilie et d’énergie, mélange savant de patience attentive pour les films exigeants de la compétition, d’activité débordante avec beaucoup de jeunes au Pathé où se déroule le festival et de trépignements joyeux au moment où passe la bande-annoncé élégante d’Entrevues scandée par la chanson de Lescop « La Fôret ». Un bain à remous agréable où nous vous proposons de vous plonger avec nous ces quatre prochains jours.

Arrivés an gare de Belfort à 14h, nous étions déjà en salle à 14h30 pour notre premier film de la compétition. Comme toujours à Belfort, une séance de compétition, c’est à la suite un court et un long-métrage et comme souvent la fiction et le documentaire se mélangent pour plus de créativité. Côté court, F430 de Yassine Knia met en scène un jeune-homme (le touchant Harrisson M’Paya) qui réalise son rêve : rouler une journée en Ferrari. Le moteur rugit, il fait faire des tours à des enfants au sourire immense, mais la réalité rattrape toujours le rêve quand on traîne pas loin de la cité. Un personnage bien dessiné mais une violence peut-être trop convenue pour nous emporter au rythme du bolide. Côté long-métrage, l’esthétique et passionnant Western des frères Ross, repérés pour leurs documentaires à SWSX, interroge la Frontier américaine en confrontant le mythe et le réel autour des liens entre deux villes : Eagle Pass au Texas et Piedras Negras au Mexique. On suit la vie du charismatique shérif de Eagle Pass et d’un cowboy qui élève seul sa fille, pendant 1h30 d’intimité qui permettent de prendre la mesure de la violence des cartels et la brutalité de la fermeture de la frontière et du commerce. Un film habité que Turner Ross est venu présenter avec beaucoup d’intensité. Il a quand même fallu aux réalisateurs 13 mois et 300 heures de rushs pour arriver au résultat…

A 18h, tandis qu’une partie des festivaliers découvraient en avant-première Le Trésor du réalisateur roumain Corneliu Porumboiu (voir notre critique cannoise), nous sommes allés jouer le jeu du 30e anniversaire estival : le cadavre exquis. Les réalisateurs qui ont fait le festival ont choisi chacun, à partir d’un plan final d’un film qui leur a été envoyé, un autre film. Ce jeudi 3  décembre à 18h, c’est le documentariste Jean-Claude Rousseau qui est venu présenter son morceau exquis du cadavre : Dernier Caprice du réalisateur japonais Yasujiro Ozu. Commençant comme un vaudeville où on cherche à mettre ensemble deux japonais célibataires d’un certain âge dans les années 1960, le film se colore de mystère et embrasse plusieurs générations et couches de traditions.

A 20h30, nous n’avons pas pu résister à une séance spéciale de la comédie musicale restaurée par Swashbuckler films de On the town (Un jour à New York) de Stanley Donen, qui met en scène les 24h de trois marins en permission dans le Manhattan ultra-vivant des années 1940. Des chansons qu’on connaît tous, la vivacité de Gene Kelly et de Sinatra, des claquettes mythiques, de l’amour romantique épicé de  camaraderie en découverte des trésors de New-York et des personnages féminins malins et entreprenants. Le film est encore et toujours passionnant, touchant, drôle, bref, un classique indémodable que ses couleurs restaurées rend parfaitement magnétique. La salle étaient tout simplement en transe. A (re)voir en salles pendant les fêtes, à partir du 30 décembre.

Ce bain de cinéma s’est donc terminé comme il se doit à Belfort : à la joyeuse salle des fêtes où tout le monde dit toujours qu’il va se coucher tôt mais où l’on s’attarde en fait jusqu’à une heure du matin à discuter avec passion des films vus le jour même. Même si un cinémix est prévu, pour nous, pas d’after ce jeudi soir :  on se réserve pour une nuit de fiesta le vendredi 4 décembre à la Poudrière avec un concert de Mehdi Zannad et un mix de Serge Bozon. Un événement très attendu qui viendra ponctuer une autre journée de magnifiques films.

visuel : YH

Les soirées du week-end du 4 décembre 2016
« L’autre » de Florian Zeller, Mise en scène Thibault Ameline
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *