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[Dinard,  jour 2] Brexit, interviews et la terrifiante « Prevenge » d’une maman

[Dinard, jour 2] Brexit, interviews et la terrifiante « Prevenge » d’une maman

01 octobre 2016 | PAR Yaël Hirsch

Le festival 2016 ayant officiellement ouvert jeudi, ce vendredi 30 septembre 2016, la compétition a battu son plein, ce qui ne nous a pas empêchés d’y ajouter rencontres, interviews et débats politiques importants… Live-report d’une journée marquée par des considérations politiques importantes.

C’est sous un joli soleil d’automne que la journée a démarré avec un film très demandé, sur le coup des 11h. En compétition, Away de David Blair trace longuement une amitié improbable.
L’heure du déjeuner réunissait jurés, équipes de films et presse dans le restaurant du Grand Hôtel où madame le maire, Martine Craveia, nous a accueillis. L’après-midi était réservé à ceux et celles qui voulaient prendre en photo ou interviewer les équipes de films sur place et puis, plus tard, les jurés, sur la terrasse du Grand Hôtel avec une vue idyllique sur la mer.
Ayant beaucoup apprécié Moon Dogs hier (voir notre live report), un film de la compétition, de Philip John écossais et bourré d’énergie, nous avons rencontré sur une chaise longue ses trois jeunes et beaux acteurs : Jack Parry-Jones, Tara Lee et Christy O’Donnell. Ils nous ont parlé avec passion de leur road-trip dans les magnifiques paysages écossais et ils ont volontiers expliqué qu’ en tant que jeunes, ils se sentent dépossédés par le Brexit.

Le Brexit,  justement le thème du débat organisé au Palais après le documentaire de Louise Osmond sur Ken Loach : Versus. Autour de cette table animée par Agnès Poirier, l’on trouvait la productrice de Ken Loach, Rebecca O’Brien, de la journaliste écossaise Siobhan Synnot et l’une des responsable de la BFI, l’équivalent de notre Cinémathèque Nationale, Isabel Davis. D’entrée de jeu, les invitées à cette table ronde très féminine ont expliqué que le Royaume Uni n’était pas préparé à ce que la Motion « leave » passe en juin dernier, surtout pas les écossais qui voulaient rester en Europe, et où tous les partis politiques ont soutenu le « remain ». Et que le Brexit n’a pas encore eu lieu et va mettre des années à défaire ce qui a été faite avec l’Europe. Dans le monde de la culture où les membres ont voté à 97 % pour le maintien dans l’UE, l’impréparation du Brexit est à son comble et des réunions un peu ubuesques sont organisées à la recherche d’idées pour mettre en œuvre la séparation. Pour l’instant, rien n’est alarmant dans le cinéma puisque les coproductions continuent. Si l’on regarde le précédent du Groenland qui a mis plusieurs années à quitter l’Europe avec ses 150 000 habitants et sa seule industrie de poisson, il y a fort à parier que le Brexit prenne des lustres et que Ken Loach qui a déjà 80 ans ne puisse pas réaliser de film à ce sujet. La gêne et la colère sont certains, mais l’humour sweet and sour est toujours au rendez-vous de cette vision par le 7e art britannique du vote du 24 juin dernier.

L’après-midi à été marquée par la projection en avant première d’un film très stylisé sur des « bad cops » très corrompus, War on everyone et puis par les interviews des jurés au Grand Hôtel. Nous avons pu rencontrer Jalil Lespert qui nous a parlé de cinéma britannique et de son nouveau film, un thriller sensuel qui sort le mois prochain : Iris.

Après un dîner de moules sous une pluie d’automne, nous avons fini la journée avec un film en en compétition qui était aussi la séance de nuit pleine de frissons. Prevenge, de Alice Lowe, joué par la réalisatrice, humoriste et actrice, quand elle était enceinte, joie avec les codes de la femme enceinte possédée pour moderniser le genre. Gore, jouissif et décalé, Prevenge veut déranger. Quand la réalisatrice présente le film à 22:00 avec son bébé dans la salle, on s’inquiéterait presque.

Visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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