Cinema
[Dinard, jour 1] L’Ecosse danse avec « Moon Dogs », l’Irlande chante et boit avec « Sing Street » et « Whisky Galore »

[Dinard, jour 1] L’Ecosse danse avec « Moon Dogs », l’Irlande chante et boit avec « Sing Street » et « Whisky Galore »

30 septembre 2016 | PAR Yaël Hirsch

Les deux films de la compétition vus ce jeudi au Festival du Film de Dinard étaient insulaires, musicaux ….et plein de fougues ! La grande avant-première de la soirée d’ouverture du Festival était, elle, un remake irlandais qui tournait autour d’une île en manque de whisky pendant la Seconde Guerre. Hips!

 

 

Arrivés avec le fameux « train du festival » au bord de la Manche, nous avons plongés directement dans l’univers du cinéma britannique avec un des excellents films de la compétition : Moon Dogs…

Premier long métrage de Philip John, connu pour ses séries Beeing human et Outlander, Moon Dog plante son décor en Écosse dans les îles des Shetlands où  deux demi-frères grandissent, l’un amoureux d’une fille, l’autre de la musique. Leurs passions vont les pousser à quitter des parents qui s’aiment et un foyer où ils s’ennuient pour aller se chercher sur le chemin de Glasgow. En route, ils rencontrent une chanteuse qui ne croit pas au doute et n’a pas froid aux yeux: Caitlin (envoûtante Tara Lee)… Avec un son qui fonctionne comme une osmose, des personnages principaux touchants et de beaux paysages, c’est une histoire classique mais prenante et jamais formatée que raconte Moon Dogs. Un film aux maladresses aussi touchantes que la jeunesse qu’il décrit et à la sensualité énergique. Parfait pour se mettre dans le bain de la compétition.

Toute La culture vous avait déjà parlé du deuxième film vu à Dinard en compétition à Deauville (voir notre article). Avec des thèmes très proches de Moon Dogs (l’envie de fuir son trou, la fraternité, la création musicale, les premières amours), Sing Street fait chanter et jouer une bande de collégiens des années 1980 dont le leader est amoureux et coaché par son frère. Même fond social terne, même envie de partir vers la grande, ville, même ancrage local malgré tout d’une jeunesse pleine de ressources. Tout est parfaitement calibré dans Sing Street : les chansons, le jeu des beaux jeunes acteurs et les tenues de princesse de Lucy Boynton. Mais après Moon Dog, petit effet injuste pour le film du très capé John Carney (à qui l’on doit entre autres New York Melody et Once): l’urgence singulière de raconter sa propre jeunesse semble moins à fleur de peau et la recette plus universelle. Le film est néanmoins superbe en couleurs et en son, donne une pêche folle et sort sur les écrans chez mars distribution le 26 octobre 2016.

Après la traditionnelle soirée d’ouverture et de présentation des jurés au Casino, sous la houlette de Claude Lelouch, cette 27e édition, nous avons pu débriefer la petite bande-annonce du festival, drôle, locale, à l’origine de l’affiche et pleine d’humour British avant de repartir pour l’Irlande…

En introduction au film d’ouverture, Whisky Galore le directeur du Festival, Hussam Hindi nous a prévenu que nous en sortirai avec grand soif avant de laisser la place au producteur Ian Maclean, à Dinard avec 3 films et au réalisateur du film, l’écossais Gillies MacKinnon qui serait vu remettre le premier Hitchcock d’or de l’histoire en 1991 par le président du jury d’alors pour The Grass Aréna (1991). Avec un humour qui nous a un peu parfois perdus, il a raconté comment lui est venue l’idée de faire un remake d’un film tourné d’après le roman à succès de Compton Macken en 1949. Il est vrai que l’histoire, qui raconte comment la population d’une petite île des Hébrides voit la guerre arrivée à la seule restriction à néant de whisky qui leur est livré, est vraiment goûteuse…

Nous avions eu la chance de voir le film originel, lors d’un passage en Angleterre nous rappelions le mystère que le noir et blanc laissait planer sur l’île. Dans le remake de 2016, si l’intrigue reste adorable et certains personnages truculents, les couleurs surexposées font parfois passer l’Ecosse pour la Sardaigne, le jeu très bouffe des acteurs et surtout le rythme très uniforme du film triplent chaque gag et la suite d’épisodes est franchement ennuyeuse. Les allergiques au noir et blanc doivent découvrir ainsi cette fable avec un fond d’histoire vrai, pour les autres : direction les précieuses archives du cinéma britannique pour voir l’original de Alexander Mackendrick.

Une première journée riche en images et en musique s’achève sur la toujours envoutante ville de Dinard et la soirée se prolonge par un verre (de whisky?) au Bar du Palais du Festival. Demain, c’est jour de rencontres et d’interviews avec les jurés et plein de beaux films nous attendent…

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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