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Découvrez en exclusivité les coulisses du tournage d’ « Il Peccato », le nouveau film d’Andreï Konchalovsky !

Découvrez en exclusivité les coulisses du tournage d’ « Il Peccato », le nouveau film d’Andreï Konchalovsky !

09 novembre 2019 | PAR Chloé Coppalle

Pour la toute première mondiale du nouveau film d’Andreï Konchalovsky, Il Peccato, la rédaction était à Rome à la rencontre du célèbre réalisateur, et de l’acteur Alberto Testone, l’interprète de Michel-Ange. Grâce à eux, nous avons pu entrer quelques instants dans les coulisses du tournage ! Live-Report ! 

La Renaissance et la place de l’homme : des intérêts centraux pour le réalisateur

Andreï Konchalovsky insiste, il ne veut pas parler de sculpture, il veut filmer l’homme derrière son art. Voici le pari audacieux qu’il s’est lancé pour son nouveau long-métrage, Il Peccato. Pendant toute la promotion, il souligna son vœux de filmer l’ « human being » avant le simple portrait d’un artiste. Mais alors, pourquoi Michel Ange ? « Et pourquoi pas ? », répond avec humour le cinéaste. En fait, les recherches qu’il mena sur l’artiste, pour qui il a une affection particulière, l’amènent petit à petit à voir qu’ « il n’y a pas d’événements ennuyant dans la vie de Michel-Ange ».

En lisant sa biographie et ses écrits, Andreï Konchalovsky raconta avoir découvert tout un univers, avec des conflits notamment, et ces lectures sont devenues des histoires, car la reconnaissance des artistes, notamment à la Renaissance n’était pas évidente du tout. Très nombreux sur la scène artistique, certains ont eu la chance d’avoir un nom, sont devenus des génies, d’autres pas. Michel-Ange a eu la chance de devenir un génie. Même si le film suit une partie de l’histoire de l’artiste, la majorité des personnes n’ont pas vu ses sculptures, selon le réalisateur. Le but n’était donc pas de faire un film sur un « artiste-nom », mais de recentrer la narration sur l’homme sans faire une reconstruction historique, même si le travail du détail y est particulièrement approfondi. « Si tu y crois, alors ce sera la réalité, si tu n’y crois pas, ce ne le sera pas », déclare-t-il. En fait, même si la représentation de la Renaissance est pour l’historien Antonio Forcellino une des mieux portée au cinéma, Andreï Konchalovsky nuance : le film reste modéré par rapport à la réalité de l’époque. Il évoque une vie beaucoup plus dure que celle montrée par le film, beaucoup plus cruelle, avec les maladies, ou les incendies qui se propageaient rapidement. Pour lui, il est difficile pour le public moderne d’imaginer l’ambiance de la Renaissance, la période est trop loin.

Ainsi pendant sept ans, il travailla avec de nombreux historiens, à partir de sources telles que des vêtements conservés, des gravures ou des dessins d’époque. L’accent fut mis sur les sens. Lors de la conférence de presse, il expliqua par exemple, que le bruit des sabots des chevaux faisait parti des bruits quotidien de la ville, les calèches étant le moyen de transport le plus utilisé dans les espaces urbains. L’enjeu était de rendre tout cet environnement naturel et non reconstruit pour le cinéma.  

Quant au titre, Le péché, il vient du fait que pour Andreï Konchalovsky, l’art doit porter une part de mystère, donc quoi qu’on projette dans ce mot, on aura forcément raison !

Filmer le monde de l’art dans son ensemble : un pari audacieux

Le but d’Il Peccato est de représenter le monde de l’art dans sa globalité, car avec le temps, le public ne se rend plus compte de toute la mémoire renfermée par une oeuvre. En même temps, est-ce vraiment ce que les artistes ont voulu laisser de leur travail ? Le film amène à aborder la création artistique sous de nouveaux angles, mené par la vision d’Antonio Forcellino. Spécialiste du sculpteur, il publia Michelangelo, une vie inquiète, dans laquelle il créa des liens entre le travail de Michel-Ange et son contexte historique, politique et artistique. Loin des considérations purement plastiques, iconologiques ou symboliques, l’historien rend compte de tout l’environnement entourant l’oeuvre et impactant sa réalisation. C’est cet angle qui fut sollicité pour le film. 

Lors de la rencontre, le réalisateur avoua que le challenge principal du tournage fut de tourner les scènes dans la carrière de marbre. Premièrement, il a été très difficile de trouver une carrière qui ressemblait à celle de Carrara, où allait Michel-Ange. Ensuite, reconstruire tout le processus d’extraction de la pierre a été particulièrement difficile à recréer et à tourner, car le marbre montré dans le film est bien réel ! Heureusement, d’autres lieux existant ont été reconstruits en studio, comme la chapelle du Vatican, qui a été recréée à la même dimension.

Alberto Testone, un acteur parfait dans le rôle de Michel-Ange ! 

Alberto Testone raconta qu’il n’a pas eu beaucoup de temps de préparation pour ce rôle, donc il suivit surtout les indications d’Andreï Konchalovsky, qui donna de nombreuses directives sur les traits de caractères de l’artiste, comme sur la rage ou la folie de Michel-Ange pour les moments où il est filmé représentant l’artiste parler seul. Sa préparation a été principalement physique, explique-t-il. En effet, un sculpteur travaille avec ses bras, donc Alberto Testone a dû suivre un entraînement pour travailler ces muscles, mais aussi pour apprendre à monter à cheval puisque Michel-Ange savait monter.

Ensuite, il nous fit part de certaines scènes plus complexes à jouer, comme celle où il est filmé descendant dans une cave pour atteindre la chambre de Dante, à cause de tout le contrôle des détails. Les directives données par chaque départements ainsi que les équipes, qui voyaient bien comment les sets étaient organisés, ont été d’une aide précieuse lors de ces scènes minutieuses.

Pour l’acteur, l’intérêt du film est qu’il n’est pas tourné de façon classique, où tout est lisse, et c’est principalement ce point qui rend le scénario réellement intéressant. Par exemple, tout était très poussiéreux, témoigne-t-il, ce qui apportait quelque chose de très réel sur le tournage. Quand il rentrait, il raconta avoir été obligé d’utiliser une brosse pour se doucher, tellement il avait de poussières sur lui ! 

Visuel : ©The Andrei Konchalovsky Studios

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Chloé Coppalle

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