Cinema
[Critique] « Chante ton bac d’abord » : petite suite de portraits sincères

[Critique] « Chante ton bac d’abord » : petite suite de portraits sincères

20 octobre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Ce premier film réalisé par David André se voit sans aucun mal. Une forme documentaire qui permet à la sincérité d’émerger, quelques chansons, pas inoubliables, qui s’invitent… Un moment léger, pas nouveau mais sympathique.

[rating=3]

Gaëlle, Rachel, Nico, Caroline et Alex ont dix-sept ans. Et quatre saisons devant eux à Boulogne-sur-Mer pour préparer leur bac, et surtout réfléchir à leur avenir. C’est cette réflexion que Chante ton bac d’abord va nous donner à voir. Ou plutôt à ressentir : ce documentaire n’explique rien, laisse parler. Nos cinq jeunes s’expriment, mais aussi leurs parents. Et l’agencement des séquences arrive à fondre les cinq histoires en une seule.

Chante ton bac d'abordRien n’est nouveau, mais tout cela est attachant. Est-ce une question de confiance ? De simplicité ? Le film montre des jeunes qui ne se prennent jamais pour autre chose que ce qu’ils sont. La curiosité de Gaëlle envers les arts, son caractère ouvert et malicieux se lisent sur son visage, largement capté par la caméra. L’originalité de Nico, fan de Gainsbourg et propriétaire d’un canard, reste naturelle, elle n’est jamais appuyée. Et pour Caroline, jeune fille sans perspectives aux parents abîmés, ce sont les situations qu’elle traverse qui créent l’empathie. Sans effets mélodramatiques.

A une dizaine de reprises, nos jeunes se mettent à chanter. Pour dire leur envie de s’enfuir ou d’étudier des choses peu ordinaires. Ou pour remercier leurs parents. Leurs airs, légèrement décalés, semblent d’abord anecdotiques. Mais ils évitent, justement, que les portraits tombent dans le cliché. Ou que nos jeunes se mettent à jouer. L’artificialité se manifeste, le temps d’une minute. Et puis le naturel revient. Et la sincérité demeure, de bout-en-bout. Chante ton bac d’abord n’apprend rien, et n’a aucune prétention. Il donne à voir. Et rappelle des souvenirs. D’aucuns pourront le trouver naïf… Non : il est juste simple, vivant et… juste.

Chante ton bac d’abord, un film documentaire de David André. Avec Gaëlle Bridoux, Caroline Brimeux, Nicolas Dourdin, Alex Margollé, Rachel Motte, Alice Dutertre et leurs parents. Documentaire français. Durée : 1h22.

Visuels : © Bodega Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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