Cinema
[Critique] « 1001 grammes » se baladent au fil d’un film léger

[Critique] « 1001 grammes » se baladent au fil d’un film léger

09 mars 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Nouveau film, tout en humour nordique et en chiffres, du réalisateur de Kitchen stories et de Factotum. Une mise en scène originale, un scénario un peu trop simple, un moment plaisant au final.

[rating=3]

1001 grammesBent Hamer est de ceux qui savent filmer. Dans 1001 grammes, il cadre la vie de Marie, chercheuse à l’Institut Norvégien des Poids et Mesures. Et la fait apparaître littéralement carrée. Une petite voiture électrique, un père scientifique avec qui elle fume tous les jours une cigarette, un ex qui vide leur maison à un rythme régulier… Maîtrise de l’espace et humour à froid se mêlent, et nous rendent proche cette situation. La première péripétie ? Notre Marie doit apporter en France un cylindre de platine, sous cloche. Le « kilo norvégien ». Qui sera testé lors de la conférence mondiale des kilos…

Tant qu’il capte des faits et gestes, le réalisateur nous régale. Rien ne bouge, tout est corseté, et pourtant le danger couve. Lequel ? Hum… L’immobilité, peut-être. On la sent rôder… Le récit, lui, manque un peu d’enjeu. Ce qu’il raconte a un air de déjà vu. Les talents conjugués d’Ane Dahl Torp, de Laurent Stocker, dans un rôle un peu mince, et des autres interprètes norvégiens, ne suffisent pas à nous décoller du sol. 1001 grammes parle de vie, en s’appuyant sur les sciences. On voit trop ses ficelles théoriques. Qui étonnent, mais peinent à émouvoir.

Le prix de ce film est l’originalité de sa mise en scène. Elle lui permet de finir là où tant d’autres s’enlisent. De redonner un sens précieux, à la fin, à un motif galvaudé au cinéma. A défaut de le rendre inoubliable, elle permet au film d’être pertinent. Et attachant.

1001 grammes, un film de Bent Hamer. Avec Ane Dahl Torp, Stein Winge, Laurent Stocker, Per Christian Ellefsen, Dinara Droukarova, Didier Flamand. Comédie dramatique norvégienne. Durée : 1h30. Sortie le 11 mars.

Visuel : affiche de 1001 grammes

Visuel Une : © Les Films du Losange

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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