Cinema
[Cannes, Un certain regard] « La Tortue rouge », un dessin animé pas mal

[Cannes, Un certain regard] « La Tortue rouge », un dessin animé pas mal

21 mai 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Malgré ses motifs un peu déjà-vus, ce film d’animation néerlandais a su nous emporter, par moments, surtout grâce son très beau style graphique.

[rating=3]

Au début, La Tortue rouge n’inspire pas : l’histoire, sans dialogues, de ce naufragé échoué sur une île déserte, rappelle bien trop, dans tous ses détails, les nombreux contes et histoires dérivés, depuis 1719, du roman Robinson Crusoé. L’absence de tout contexte rend la poésie des images un peu trop simple : on aime, pourtant, ce style d’animation très artisanal, imaginé par Michael Dudok de Wit, avec le soutien du studio Ghibli, et d’Isao Takahata, ici producteur. On remarque, par exemple cette forêt qui ondule délicatement, ou ces animaux réalistes, parmi lesquels une bande de petits crabes assez mignons. Mais on n’est pas pris par le récit.

Après cette installation, et suite à l’apparition un peu fantastique – ou métaphorique, on ne sait pas trop – de la gigantesque Tortue rouge du titre, le scénario va prendre une tournure plus ouverte, intéressante. Sans trop en dire, on peut préciser que le personnage principal ne va pas rester seul, et que son itinéraire pourra être expliqué de plusieurs manières différentes. On choisira de penser que lui et ses compagnons, à force de vie à l’écart, sont devenus des hommes-tortues, vivant en parfaite harmonie avec ces animaux marins. Mais il ne s’agit que d’une interprétation personnelle…

Pour le reste, le style graphique du film fascine plus d’une fois, surtout lorsqu’il figure la colère de la nature, ou les moments d’attente qu’elle impose, d’une façon assez réaliste. A d’autres moments, sa poésie apparaît trop simple… Bref, si le qualificatif de grand dessin animé échappe à La Tortue rouge, il n’en reste pas moins que cette oeuvre a de l’intérêt. Son fond, très ouvert, mérite d’être visité, par des spectateurs de tous âges.

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Visuels : © Studio Ghibli – Wild Bunch – Why Not Productions – Arte France Cinéma – CN4 Productions – Belvision – Nippon Television Network – Dentsu – Hakuhodo DYMP – Walt Disney Japan – Mitsubishi – Toho

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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