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Aubagne, jour 6 : Palmarès, clôture, ciné-concert par la masterclass de Stephen Warbeck et leçon de Laurent Perez Del Mar

Aubagne, jour 6 : Palmarès, clôture, ciné-concert par la masterclass de Stephen Warbeck et leçon de Laurent Perez Del Mar

25 mars 2018 | PAR Yaël Hirsch

Dernier jour pour le 19e festival international du film d’Aubagne. Du petit déjeuner en musique au Dj set de la nuit, la journée à été brillante et riche en émotions. Quant au grand rix de la meilleure musique de long-métrage, il est allé à Different Kind of rains d’Isabelle Prahl, musique 

La journée a commencé par un petit déjeuner ensoleillé avec DJ set light et sweet à l’espace des Libertés. Ensuite tous les festivaliers se sont retrouvés au Pagnol pour la leçon de musique de Laurent Perez Del At. De formation pianiste, au conservatoire de Nice, membre d’un groupe d’électro, Laurent Perez Del Mar, allait abandonner la musique pour la médecine quand un jeune réalisateur est venu le chercher pour faire la musique de son film. Il cite beaucoup Enio Morricone et a une conception très sure de la place que prévu et de ce que doit être une musique de film. Avec un véritable « casting  de compositeurs », la compétition était rude pour faire la musique de Zarafa de Rémi Bezançon. Il y a moins de compétition quand on est plus connu. En ce sens c’est plus facile pour Laurent Perez Del Mar depuis la Tortue Rouge. Travailler la composition d’un film d’animation c’était un rêve: dans un chef d’œuvre où il n’y a pas de paroles la musique a un grave rôle à jouer. Un film d’animation, c’est souvent plus de travail mais plus d’impact aussi. Le compositeur préfère voir une première mouture du film pour en imaginer la musique, il aime vraiment passer du temps sur les tournages et essaie d’éviter autant que possible ce que l’on appelle le « Mickey Mousing » c’est à dire créer le mouvement avec la musique pour les personnages. « J’essaye de respecter les silences dans ce que je fais », explique Laurent Perez Del Mar qui préfère parfois arrêter et recommencer le son plutôt que de surligneur l’action par un bruit. Il affectionne également de dégager un instrument soliste, par exemple le violoncelle dans la Tortue Rouge : « quand le thème est porté par un instrument soliste ça peut être très beau ». Dans la fiction aussi, le compositeur cherche la singularité avec par exemple l’utilisation d’un saxophone marquant dans Maintenant ou jamais avec Leila Bekhti où la musique rythme le film. Pas question pour lui de ne pas travailler avec un « vrai » orchestre, peu importe la modestie du budget. Avec le recul, le compositeur travaille en plus en plus avec les monteurs. Notamment quand il est difficile d’écrire la musique d’un passage du film, c’est peut être qu’il y a un souci au montage. Quant au travail avec les acteurs, ils savent quel impact la musique peut avoir sur le film et les stars comme Sophie Marceau ou Djamel Debbouze se sont toujours montrés enthousiastes et généreux.

Dans l’après-midi, les courts-métrages étaient nés sous le signe de la bonne humeur et du bonheur. Puis, l’acteur Philippe Rebbot qui est à l’affiche d’un des films en compétition avec Vent du Nord,  est venu en tant qu’invité d’honneur. Il a présenté le dernier film farfelu et tendre de Solveig Anspach, La vie aquatique. (Lire notre critique)

En fin d’après midi, nous sommes allés découvrir le coup de cœur du festival avec le huis-clos Vaurien, de Mehdi Seroussi, qui est co-auteur, comédien principal et réalisateur du film. Histoire d’une prise d’orage dans une agence pôle emploi de Venissieux, le film détourne le genre avec humour pour laisser le héros exprimer sa détresse de ne pas trouver un travail. L’acte désespéré touche une humanité froide y compris parmi les otages : chômeurs et personnel de l’agence. Par le jeu des fausses pistes et dés flash back, le réalisateur apporte de la densité et de la perspective à un film qui défend une idée simple mais juste sans trop de pathos. Avec en bonus Romane Bohringer en modératrice du chômeur désespéré.

La cérémonie de clôture a eu lieu au théâtre comédie. Pour cette 19e édition le Grand Prix de la meilleure musique originale de long-métrage a été remis à Different Kinds of Rain de Isabel Prahl.Le Compositeur de cette B.O. est  Volker Bertelmann. Le prix de la meilleure actrice a été décerné à Elisa Schlot pour sa performance dans Fremde Tochter de Stephan Lacant (vu la veille, lire notre live-report). Le prix du meilleur acteur est allé à Tom Vaughn pour Maze. Le prix de la meilleure mise en scène a été remis à Fremde Tochter. Et le prix du meilleur film est allé à L’ingredient secretde Gjorce Stabreski.

Après un show sympathique de Philippe Ambrosini sur les accents et les langues, le Grand Prix de la meilleure fiction  de court-métrage est allé, sur 77 films en compétition, ex æquo à Dependant de Phil Sheerinet aux Bigorneaux de Alice Vialn.Et le Grand Prix de la meilleure musique originale de court métrage est allé à Dag vreemde man de Anthony Schatteman, avec pour Compositeur de la B.O. : Jens Bouttery. Le prix du public a été remis au court-métrage Dramonasc de Céline Gailleurd et Olivier Bohler, une belle et rude histoire de retour aux origines. Enfin la Bourse Sirar a été attribuée à Mélisa Godet pour son scénario Tu vas t’y faire.

Après près de deux heures de cérémonie, place à la musique avec les étudiants de Stephen Warbeck qui ont donné un ciné-concert expérimental où certaines scènes de vie de Aubagne (pigeons dans la rue) ou de films (final de Polisse) ont été accompagnés en live par cette masterclass, parfois en deux versons pour faire entendre combien la musique peut changer le sens de ce que l’on voit à l’écran.

Le festival s’est terminé à l’espace des Libertés par un set de folie du Dj Franco-brésilien Jonathan Chaoul.

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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