Cinema
[Arras Film Festival] « Paris of the North » : un été en Islande. Acide, forcément

[Arras Film Festival] « Paris of the North » : un été en Islande. Acide, forcément

14 novembre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Ce film du réalisateur islandais Hafsteinn Gunnar Sigurdsson, concourant pour le Grand Prix du Festival d’Arras, touche grâce à son interprétation et sa jolie musique. Etonne par sa capacité à rendre la grisaille expressive. Et surprend plus difficilement, du fait de son ton suprêmement givré, qui apparaîtra familier à certains.

[rating=3]

paris_of_the_northEn Islande, l’été approche. Les cours finis, Hugi, prof de 37 ans installé dans une minuscule ville au pied d’une immense montagne, n’a plus rien à faire. Du même coup il décide… de rester en Islande, bien sûr ! De côtoyer ses amis : un guitariste, par ailleurs père immature, et le géniteur de ce dernier, pas plus avancé que son fils. De croiser son ex à la supérette. Ex qui se nomme Erna, et qui était la femme… de l’immature qu’on a cité. Et de recevoir son père, venu de Reykjavik. Visite qui n’arrangera rien…

Paris of the North fait penser à ces films finlandais ou norvégiens qu’on a pu voir ces dernières années sur les écrans français. Il faut s’accrocher aux dialogues, étudier la composition réfléchie des plans, pour recevoir l’humour à froid des situations. Qui demeurent figées dans les glaces du non-dit et de la honte. On peut le trouver répétitif, cet humour. Le film ne fait pas tant rire que ça. Il touche plutôt. Lorsque résonne sa jolie musique pop-rock, qui accompagne les footings sans fin d’Hugi (le plan-séquence du générique, où elle sonne tout du long, émeut, donc fait rire). On s’attache également à ses acteurs, tellement bien dans leurs rôles de quidams islandais paumés. Tellement proches qu’ils en viennent à évoquer des visages de comédiens français. Et sa fin est belle, car rien n’est résolu : au pied de toutes les montagnes du monde, même les moins visibles, il y aura toujours des nuages. Et des percées de soleil, qu’il conviendra de saisir.

Le réalisateur, lui, sait montrer les soleils secrets qui existent derrière la grisaille. Si Paris of the North sort en France, allez le voir pour vivre une expérience : un film où tout est gris. Mais dans lequel cette couleur peut avoir des teintes de comédie musicale, de love story, de film de copains bourrés… Un film où l’on apprend que regarder le gris relève d’une éducation de l’oeil.

Paris of the North repasse demain soir, samedi 15 novembre, à 21h30, à Arras, dans le cadre du Festival du Film. La séance sera suivie d’un débat avec le réalisateur et le scénariste.

Paris of the North, un film d’Hafsteinn Gunnar Sigurdsson. Avec Björn Thors, Helgi Björnsson, Nanna Kristin Magnusdottir. Comédie dramatique islandaise. Durée : 1h35.

Visuels : © Zik Zak Filmworks / Arizona

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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